01/08/2013

MARS ET AVRIL: CRITIQUE ET INTERVIEW DU RéALISATEUR,SCéNARISTE MARTIN VILLENEUVE

 

 

MARS ET AVRIL

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Résumé : Jacob Obus, vieux musicien charismatique, traîne une réputation de séducteur et de tombeur de femmes. Il se donne en spectacle régulièrement dans un bar et hypnotise son public grâce à des instruments uniques inspirés du corps des femmes. Ces appareils sont imaginés par son ami Arthur et construits par le père de ce dernier, un célèbre cosmologue qui a trouvé le moyen d'échapper à la mort grâce à l'une de ses inventions. Les trois hommes mènent une existence relativement paisible jusqu'à ce qu'ils rencontrent Avril, une jeune photographe imprévisible dont Jacob et Arthur tombent follement amoureux.

 

Réalisateur:Martin Villeneuve

 

Scénaristes:Martin Villeneuve

 

Acteurs : Jacques Languirand,Caroline Dhavernas,Paul Ahmarani,Robert Lepage,Jean Asselin,Stéphane Demers,Jean Marchand,Kathleen Fortin,Marcel Sabourin,André Montmorency,Gabriel Gascon,Emanuel Hoss-Desmarais,Pierre Leblanc,Richard Robitaille,Khanh Hua


Pays : Canada

 

Année : 2012

 

Durée:90 min.


 

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Critique :

Ayant fait son petit effet dans divers festivals et pour cause, il représente à la fois un défi technique de par son micro budget mais aussi un défi culturel de par sa langue employée(le français) et la localisation de son histoire (un Montréal futuriste), ce qui est une première pour un film de SF ,soulignons-le, Mars Et Avril est surprenant 

Un film à deux millions de dollars qui en paraît dix fois plus, voilà ce que nous propose Martin Villeneuve, le réalisateur. 

Nous livrant un film à la fois intimiste et spectaculaire, Villeneuve offre à son spectateur une oeuvre unique essentiellement axée sur les relations entre ses personnages et les liens qu’ils entretiennent avec le point central du film: la musique. Une musique universelle et transcendante dont la partition régit l’univers.

Esthétiquement éblouissants, les effets de Mars Et Avril bien qu’ostentatoires jouent leur rôle de catalyseur d’attention sur cette histoire d’un trio amoureux intergénérationnelle. Jacob, un vieux musicien de talent et son ami Athur, son concepteur d’instruments tombent éperdument amoureux d’une jeune photographe, Avril.

L’art élevé au rang de science sert ici de toile de fond et justifie  des sfx à l’imagerie entre le steampunk et la rêverie. La touche de Schuiten est indéniable.

Le métrage de Villeneuve est une expérience sensorielle mêlant ressenti et visuel. Un savant mélange qui hélas parfois se perd dans ses discours rhétoriques et qui souffre d’un rythme lancinant quelque peu soporifique.

Néanmoins, Mars Et Avril n’en demeure pas moins une oeuvre pionnière dans son domaine: le cinéma d’auteur sf francophone. Rien que pour ça, il mérite un accueil favorable auprès du public.

Bref, Ambitieux visuellement, Mars Et Avril est inversement proportionnel qualitativement à son budget. De l’art pelliculé que l’on aimerait voir plus souvent.

 

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Note: 16/20

 

 

Bande Annonce :


 

Production: EMA Films, Mars et Avril,Productions du 8e art


Site Internet:

 

page facebook

 

 

Interview du réalisateur et scénariste Martin Villeneuve

 

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Fantasticmovies:Pourriez-vous vous présenter en quelques mots aux lecteurs de fantasticmovies?

 

Martin Villeneuve: J’ai étudié le cinéma à l’Université Concordia et le design graphique à l’Université du Québec à Montréal. En 2002, j’ai remporté la bourse de l’agence Sid Lee et j’ai ensuite travaillé durant trois ans comme directeur artistique au sein de cette agence, en particulier pour le Cirque du Soleil. À ce titre, j’ai participé à la conception des campagnes publicitaires des spectacles Zumanity, , Corteo, DELIRIUM et Saltimbanco du Cirque du Soleil. Comme auteur, j’ai créé les deux tomes du photo-roman revisité Mars et Avril (Sid Lee et la Pastèque, 2006), ainsi que la bande dessinée La voix du tonnerre (Les 400 coups, 2004). En 2012, j’ai complété mon premier long métrage en tant que scénariste, réalisateur et producteur, Mars et Avril. Ce film de science-fiction, premier du genre au Québec, met en vedette Jacques Languirand, Caroline Dhavernas, Paul Ahmarani et Robert Lepage. Le film poursuit actuellement sa tournée des festivals internationaux.

 

Fantasticmovies: Quel est le dernier film que vous avez vu qui vous a le plus marqué?

 

M.V.:J’ai bien aimé Oblivion que j’ai vu en avant-première mondiale au Brussels International Fantastic Film Festival (où Mars et Avril était présenté en compétition officielle), en avril dernier. À l’instar de Mars et Avril, ce film de Joseph Kosinski est une adaptation d’un roman graphique, réalisée par l’auteur lui-même, mais contrairement au mien il a été tourné avec un budget hollywoodien. J’ai beaucoup aimé l’approche visuelle et l’atmosphère qui, à mon sens, apportent quelque chose de nouveau, et ce même si les influences sont évidentes.

 

Fantasticmovies: Quelles sont vos influences en tant que réalisateur?

 

M.V.:Des cinéastes comme Stanley Kubrick ou Terry Gilliam m’inspirent beaucoup, mais je n’ai pas essayé de calquer mon approche sur un cinéaste établi. J’ai plutôt tenté de trouver la forme qui rendait le mieux justice au contenu. Quand on m’a demandé de quoi aurait l’air l’univers visuel de Mars et Avril, je ne me suis pas mis à parler de cinéma, mais plutôt de bande dessinée. Puis celles qui me revenaient le plus en tête, c’était la série Les Cités obscures de François Schuiten, que j’ai d’ailleurs approché comme concepteur visuel en 2007. Plutôt que de faire ‘à la manière de’, je voulais impliquer directement la source de mes influences principales dans la création.

 

Fantasticmovies: Que pensez-vous du cinéma de genre actuel en général et dans votre pays?

 

M.V.: De façon générale, je trouve que le cinéma de genre verse trop souvent dans la formule et manque d’originalité, alors que les films qui marquent l’imaginaire sont justement ceux qui prennent des risques et qui brisent les moules. Mais, que ce soit avec un gros ou un petit budget, la nouveauté ne fait jamais l’unanimité. Il y a des gens qui aiment et d’autres qui détestent, c’est un phénomène normal mais qui est souvent le signe d’un film qui va passer l’épreuve du temps et s’inscrire dans la durée.

 

Concernant le cinéma de genre au Québec, autant dire qu’il est inexistant, sinon très marginal. Les Québécois sont généralement nostalgiques, tournés vers le passé. La plupart des films qui sont produits ici sont soit des drames historiques qui se déroulent il y a longtemps, ou des drames sombres à caractère social qui se passent aujourd’hui mais où les personnages sont marqués par le passé. Moi, ce que j’avais envie de faire, c’était précisément le contraire, je souhaitais nous projeter dans le futur, et très peu de cinéastes d’ici se sont lancés dans cette voie. Bien sûr, ce phénomène s’explique aussi par nos limites budgétaires. C’est très difficile avec les budgets d’auteur qu’on a au Québec d’accéder au cinéma de genre comme la science-fiction. Pourtant, c’est le pari que j’ai pris, parce que je me suis dit que justement, il était grand temps d’en produire un premier ! Toute l’expertise est ici d’ailleurs, on l’utilise sur les grosses productions américaines, alors les artistes locaux étaient ravis de se faire approcher pour mettre leur talent au service d’une science-fiction purement québécoise. C’est certain que sept ans pour faire Mars et Avril, c’est très long, mais il faut bien comprendre que c’est un film pionnier. Il fallait inventer un processus qui n’existait pas, se doter de moyens qui souvent étaient inexistants.

 

Fantasticmovies:Comment est né le projet?

 

M.V.: Tout d’abord, Mars et Avril a été publié sous la forme de deux photo-romans nouveau genre, que j’ai créés au début de ma vingtaine. Il s’agissait de romans graphiques atypiques racontant une histoire de science-fiction à travers des images et du texte, et dans lesquels la plupart des acteurs que le film met aujourd’hui en vedette étaient déjà impliqués. Ils interprétaient leurs personnages dans ces livres de manière expérimentale, théâtrale et très simple. En fait, c’est l’un de ces acteurs, le maître du théâtre québécois Robert Lepage, qui a été le premier à évoquer la possibilité d’en faire un film. Au départ, il devait le produire mais, de fil en aiguille, c’est moi qui me suis retrouvé à le faire. Toutefois, il est demeuré impliqué comme consultant artistique, ainsi que comme acteur, car il tient un rôle principal dans le film. Et il est également impliqué à titre d’investisseur.

Fantasticmovies: Mars Et Avril est vraiment très beau à regarder et le travail du son est vraiment bien, était-ce  beaucoup de travail en post-production?

 

M.V.: Mars et Avril fut majoritairement tourné sur écran vert, en seulement 25 jours et avec un budget très serré de 2,3 millions. Le film comporte pas moins de 550 plans d’effets visuels, ce qui est énorme pour une production indépendante et aura nécessité un travail de préproduction et de postproduction colossal. L’ensemble du long métrage fut d’abord créé sous la forme d’un storyboard, puis ensuite d’une cinématique, question de le pré-visualiser avant de le tourner. Pendant un an, nous avons dessiné les 1200 plans du film à la main, puis les avons montés avec les dialogues à la manière d’un film d’animation rudimentaire. Chaque plan a donc été pensé en préproduction, afin de ne rien laisser au hasard et d’investir nos énergies et notre budget aux bons endroits. On devait se questionner au préalable pour réaliser chacun des plans de la manière la plus créative et rentable possible, et régler la majeure partie des problèmes en amont du tournage. Et comme il n’y a rien de plus abstrait pour les acteurs que des fonds verts, cette cinématique les aidait à comprendre les environnements dans lesquels ils devaient évoluer. Elle est devenue un plan de tournage extrêmement précis pour tous les départements, que ce soit au niveau visuel ou sonore. Dans un contexte où tous les créateurs impliqués doivent redoubler d’ingéniosité et composer avec très peu de moyens, il faut être rigoureusement organisé et rentabiliser au maximum le temps et les ressources. Au total, le projet aura nécessité les efforts de plus de 300 artistes, dont 60 à temps plein durant 6 mois pour les effets visuels.

 

 

Fantasticmovies:Parlez-nous des effets visuels.

 

M.V.: Tout commençait à la planche à dessin avec François Schuiten, où l’on concevait le film sur papier et où l’on passait tous les environnements en revue (il y en avait une vingtaine) : les boîtes de nuit, le Montréal futuriste, la planète Mars, etc. On questionnait tout, les couleurs, les compositions de cadre, et on s’interrogeait vraiment sur tout l’aspect visuel du film dans toutes ses composantes, ses états et ses dynamiques, pour que l’univers soit cohérent. Et surtout, on faisait beaucoup de recherche ! Étant donné que je n’avais pas le budget pour embaucher un recherchiste, j’ai moi-même joué ce rôle pendant un an et demi. C’était plutôt intéressant, comme de retourner à l’université et de travailler pour un professeur que l’on admire. Je faisais le tour des cabinets d’architectes, les concours étudiants, les bibliothèques, parce que la commande de Monsieur Schuiten était de me projeter le plus loin possible dans le passé et dans le futur, et de voir à travers tout ça ce que les urbanistes et architectes montréalais avaient imaginé. De plus, j’ai fait des milliers de photos, avec le photographe des livres d’ailleurs, Yanick Macdonald. On se promenait la nuit à Montréal pendant une période de six mois, on se donnait rendez-vous, on faisait le Vieux-Port, après on montait au sommet d’une tour pour prendre des vues aériennes, afin de créer une banque d’images. Grâce à ces photos, Monsieur Schuiten pouvait réagir, il dessinait par-dessus, il rajoutait des couches. C’était une sorte de partie de ping pong pendant quelques années, jusqu’à ce que nous ayons une vision solide, précise et cohérente au niveau des effets visuels pour chacun des environnements. Comme nous n’avions que très peu de budget pour la postproduction, la clarté de la direction artistique était une condition sine qua non pour que la firme d’effets visuels montréalaise Vision Globale embarque dans l’aventure.

 

Il fallait développer une recette qui puisse tenir la route sur les 550 plans du film. L’un des plus grands défis était en effet d’éviter les ruptures de style entre les décors réels et les environnements virtuels, puis entre les plans d’ensemble à grand déploiement et les gros plans dévoilant l’intimité des personnages. Parce que quelques éléments de décors étaient vrais mais je mets quiconque au défi de me dire ce qui était vrai ou pas. Il y a même des gens qui pensent qu’on a tourné dans la vraie Biosphère alors que c’est tout de l’imagerie de synthèse. D’autres croient que l’intérieur de l’atelier d’Arthur c’est du réel alors que c’est en grande partie du virtuel. Les artistes visuels qui ont travaillé là-dessus, ce sont des tops, des vrais pros. J’ai regroupé autour du projet la meilleure équipe possible, en commençant par le superviseur des effets visuels, Carlos Monzon. Il avait travaillé sur des superproductions hollywoodiennes comme Avatar, Star Trek et Transformers, donc il avait une énorme connaissance des effets visuels. Il a très vite compris ce que je voulais faire. En fait, le cinéma, c’est d’abord réunir les bonnes personnes au bon moment. Carlos, comme les autres membres clés de l’équipe, était stimulé par le projet. Puis, ces artistes qui gagnent bien leur vie peuvent parfois se permettre de prendre des risques sur des plus petites productions qui ne sont pas payantes comme Mars et Avril, mais qui sont des laboratoires où l’on peut tester de nouvelles techniques.

 

 

Fantasticmovies:Fut-il facile de trouver des acteurs et une équipe motivés pour le film?

 

M.V.: En fait, je n’ai pas eu à convaincre grand monde. J’avais déjà regroupé un noyau de créateurs avec les livres, qui ont bien voulu embarquer dans l’aventure du film. Cela a créé un effet boule de neige et a aidé à intéresser de grosses pointures comme François Schuiten et Benoît Charest. Donc, au niveau créatif, les gens étaient plutôt contents de se faire approcher pour un projet aussi ambitieux, et pour une première du genre au Québec. D’autant plus qu’à défaut de leur offrir des sous, je leur offrais beaucoup de temps. C’est une notion fondamentale : quand on n’a pas d’argent, il faut se donner du temps… et une certaine liberté de création. Les gens se sont pris d’affection pour le projet et ils s’y sont donnés corps et âme.

 

 

Fantasticmovies: De la SF un brun intello (au sens positif du terme) dans la langue de Molière. Pensez-vous pouvoir plaire à un large public ?

 

M.V.: À bien des égards, Mars et Avril est un hommage à la bande dessinée franco-belge des années 70 et 80. Je pense notamment à Moebius, à Jodorowsky, et bien sûr à Schuiten. Donc ce côté ‘intello’ vient de ces influences et plaira sans doute aux amateurs du genre. Concernant l’usage du français, j’ai une grande fierté d’avoir tourné Mars et Avril dans ma langue maternelle, parce que c’est un reflet de ma culture. Si je l’avais fait en anglais, ce serait un film parmi tant d’autres, alors que maintenant ça en fait le premier film de science-fiction québécois. Mais je suis conscient que le public pour ce genre de film est surtout celui des festivals, et nous en avons fait une quinzaine jusqu’à présent, ce qui est vraiment bien. Et justement, en me promenant dans les marchés et les festivals du film à travers le monde, je me rends bien compte que l’anglais m’aurait ouvert plus facilement les portes de la distribution internationale. Pour cette raison, il est fort à parier que je tournerai mon prochain film en anglais. Quant à Mars et Avril, il trace sa propre voie, aussi unique que fut son processus de création, et je crois qu’il finira par trouver son public car la vie d’un long métrage est longue. Nous venons d’ailleurs de confirmer un distributeur international pour le film, ce qui, je l’espère, permettra au plus grand nombre de gens possible de le voir.

 

Fantasticmovies: Parlez-nous de la superbe musique qui accompagne votre film.

 

M.V.:La musique est vraiment au cœur de Mars et Avril et de son intrigue, autant les instruments inspirés par le corps des femmes que les pièces musicales elles-mêmes. Il fallait donc un musicien de haute voltige. Lorsqu’est arrivé le temps de le choisir, j’avais Benoît Charest en tête, à cause des Triplettes de Belleville, où il a su inventer un langage musical unique et puissant. Il m’apparaissait être l’homme de la situation. Je l’ai approché, je lui ai montré le montage film, puis il a accepté de relever le défi ! On s’est rencontré à quelques reprises et je lui ai expliqué ce que je voulais, c’est-à-dire un jazz futuriste très métissé. La balance était vraiment délicate à trouver puisque la trame sonore ne devait être ni trop conventionnelle, ni trop étrange, afin de ne pas égarer les spectateurs. Pour Benoît, le défi était double. D’une part, les instruments de musique imaginaires, il fallait les faire parler, leur donner un langage, un son. L’autre défi, c’était la trame sonore, inspirée du modèle cosmologique de Kepler qui remonte au XVIIe siècle et que d’autres compositeurs ont revisité, comme Gustav Holst avec La Symphonie des Planètes. Donc, Benoit a dû faire beaucoup de recherche avant d’arriver à la bonne formule, on est même retourné jusqu’à la Grèce antique, où il y avait une quête scientifique derrière la musique. Il a construit sa musique de cette manière, puis quand il me l’a finalement fait entendre, elle collait aux images de façon magique !

 

Fantasticmovies: Des décors incroyables et des costumes bluffants, comment avez-vous fait avec un si petit budget ?

 

M.V.: C’est vraiment grâce à la générosité des gens que le film s’est fait. Mais on ne peut pas faire des films de cette façon, ce n’est pas un modèle que l’on peut répliquer. Les Américains pensent que j’ai fait une erreur dans le budget, que c’est 23 millions et non pas 2,3 millions. C’est vrai que la valeur du film est plus de l’ordre de 23 millions, sauf que la façon dont ça s’est fait repose sur beaucoup de temps et de générosité, il n’y a pas d’autre secret caché. C’est un ensemble de facteurs qui relèvent un peu du miracle, dans le sens où les principaux collaborateurs, à des moments clés, ont pris les bonnes décisions et y ont cru jusqu’au bout, à défaut de quoi Mars et Avril ne se serait jamais terminé. Il y a eu un alignement des planètes… qui est d’ailleurs le premier plan du film !

 

Dans un système de production à gros budget, jamais je n’aurais eu un tel contrôle créatif sur mon film, mais cette liberté vient avec un très gros prix à payer. Au niveau du financement, c’était un défi continuel, surtout qu’il a fallu refinancer le film à mi-parcours. Je me suis lancé dans la production avec seulement la moitié d’un budget déjà très, très mince, où les gens travaillaient à 25 % de leur tarif habituel. Ce refinancement fut très pénible, j’y ai presque perdu tous mes actifs personnels, parce que je n’étais pas déficitaire de quelques dollars, il fallait au minimum doubler le budget. Mais si je n’avais pas pris ce risque-là au départ, le film ne se serait jamais fait.

 

Fantasticmovies: Avez-vous une anecdote à raconter à propos du tournage?

M.V.:Dix anecdotes sont déjà relatées sur les pages IMDb et Wikipédia du film, mais en exclusivité pour fantasticmovies, en voici cinq autres :

 

  • Jacques Languirand, qui était à la veille de ses 80 ans au moment du tournage, portait une oreillette sans fil de sorte que sa femme, Nicole Dumais, puisse lui souffler ses répliques.
  • La correspondance graphique entre l’instrument de musique et la topographie martienne, telle qu’expliquée par Eugène Spaak durant sa conférence, est une véritable découverte effectuée par Martin Villeneuve au moment de l’écriture de ses livres.
  • Le module spatial qui entre dans l’atmosphère martienne a été modelé d’après le microphone en forme d’obus que l’on peut voir sur la scène du Pub liquide.
  • « L’anguille sous roche » commandée par Jacob Obus à bord de l’Orient Express était une fausse anguille de latex. Toutefois, croyant que celle-ci était réelle, l’accessoiriste de plateau l’avait placée dans une glacière en prévision du tournage de la scène.
  • La scène où Jacob et Arthur partent pour la planète Mars est inspirée par l’un des souvenirs d’enfance de Martin Villeneuve : quand il avait 4 ou 5 ans, ses frères aînés l’ont mis dans une boîte et lui ont fait croire qu’il faisait un voyage spatial à destination de Mars.

 


Fantasticmovies: Croyez-vous que dans le futur on pourra voir de plus en plus de films de genre atypiques, produits de façon indépendante ?

M.V.:Je l’espère ! Il faut de toute façon cultiver cet équilibre entre l’indépendant et le commercial, car c’est de cette manière qu’on continue de progresser en cinéma. On est dans une société qui ne pense qu’à court terme, qui croit au succès instantané et à la rentabilité immédiate. Alors qu’habituellement en cinéma, ce sont des carrières qui se construisent. À un film expérimental qui essaie de nouvelles voies va peut-être succéder un succès commercial. La plupart des cinéastes qui sont bien établis viennent d’ailleurs de l’indépendant, où ils ont fait leurs premières armes. Puis souvent, les films indépendants font des percées qui sont récupérées par des superproductions américaines. Et parfois, c’est l’inverse, ce sont des percées technologiques dans des films comme Tintin par exemple, qui permettent ensuite à des films plus expérimentaux de faire du ‘motion capture’ avec des technologies devenues plus accessibles. Il ne faut pas envisager un film comme un objet fini, mais plutôt comme une succession d’événements qui en entraînent d’autres.

Fantasticmovies: Des projets futurs?

M.V.: Entre autres, je suis en train d’écrire un long métrage d’animation avec François Schuiten qui avait commencé à rédiger une histoire avec son collègue Benoît Sokal, un autre monstre sacré de la bande dessinée européenne. Ce sont des héros de mon enfance, alors c’est très agréable de pouvoir collaborer avec eux. C’est un projet ambitieux qui s’intitule Aquarica. C’est un très bel univers, à la fois étrange et mystérieux, mais c’est un film qui nécessitera un budget assez important si on arrive à le faire. Autrement, j’aimerais écrire un autre scénario plus personnel, dont l’action serait assez simple et qui ne coûterait pas trop cher à produire. En fait, je ne suis pas arrêté à un genre particulier, mais c’est certain que la science-fiction est un sujet qui va toujours m’intéresser, ne serait-ce que pour tous les défis que ça représente d’avoir à inventer quelque chose qu’on n’a pas encore vu. Et la bande dessinée est un lieu d’utopie et de rêve très fertile. C’est intéressant de pouvoir travailler avec des gens qui maîtrisent cet art-là parfaitement et qui peuvent ensuite amener leur savoir dans un autre média qui est le cinéma.

 

Fantasticmovies: Un mot pour la fin ?

M.V.: Faites confiance à votre instinct, croyez en vos idées aussi longtemps que nécessaire, et ne laissez personne vous dire qu’un projet auquel vous aspirez est impossible ! Permettez-moi en terminant de vous inviter à écouter ma conférence TED (Technology, Entertainment & Design), prononcée en février 2013 et déjà vue plus de 300 000 fois sur TED.com ! Je fus le tout premier Québécois invité à prendre la parole lors de cet événement prestigieux tenu à Long Beach en Californie : http://on.ted.com/Villeneuve

Voyez également ce très bel article sur le blogue officiel de TED : http://wp.me/p10512-jZN

Et voici le lien pour visiter la page Facebook du film : https://www.facebook.com/MarsEtAvril 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


27/07/2013

ALTER EGOS: CRITIQUE ET INTERVIEW DU REALISATEUR ,JORDAN GALLAND

 

 

ALTER EGOS

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Résumé :À une époque où les super-héros ont perdu le financement du gouvernement et l'appui du public, un super-héros rencontre une fille qui peut l’ aider à surmonter sa propre crise existentielle.

 

Réalisateur:Jordan Galland

 

Scénaristes:Jordan Galland

 

Acteurs : Kris Lemche,Brooke Nevin,Joey Kern,Danny Masterson,John Ventimiglia,Christine Evangelista,Geneva Carr,Marina Squerciati,Carlos Velazquez,Daniel Sauli,Sean Lennon,Kristina Klebe,Adam LeFevre,Nathan Harlan,Aurelie Claudel 

 

Pays :Etats-Unis

 

 

Année : 2012

 

Durée:80 min.


 

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Critique :

Basé sur des situations farfelues(de par leurs encrages  dans la réalité) agrémentées par des dialogues finement écrits justes et drôles sans oublier le coté intrinsèquement humain des personnage magnifié ici par la dualité identitaire que représente un super héros (monsieur tout le monde à la ville et surhomme en costume) Alter Egos surprend dans le bon sens du terme. C’est en jouant sur l’humanité de ses héros que Jordan Galland,le réal,  arrive à insuffler à son film un côté surréaliste tout en étant complètement plausible. Son héros ,Fridge, est torturé par ses deux personnalités en en devenant presque schizophrène, pensant que sa petite amie préfère coucher avec son identité secrète plutôt qu’avec lui-même. 

Des questionnements que se posent le personnage superhéroique et en discute avec son meilleur pote (un autre super héros) autour d’un café dans un resto en costume. Un humour pince sans rire qui fait penser à la série culte Seinfeld. 

Vidés de leur rôle, les super héros ne sont en fait que des humains avec des pouvoirs; Humains rejetés par les gens «normaux». Parias d’une société qui ne veut plus d’eux. Jordan Galland nous livre une BD dans un contexte réel en quelques sortes. La façon dons les personnages sont traités fait fortement penser au cinema de Woody Allen, influence première du réalisateur new-yorkais. Des scènes absurdes traitées avec sérieux. Du grand art. 

Aidé par un casting excellent, le film gagne en qualité et ce malgré un budget quasi inexistant. Bien emballé techniquement, Alter Egos captive par son professionnalisme. Tant le son que l’image ont été travaillés avec précision. Ajoutons une musique bien sentie et vous obtenez un excellent film.   

 

Bref:Alter Egos est un métrage fin et intelligent qui joue avec les codes du genre. Un drame comique à voir. 

 

 

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Note: 16/20

 

 

 

Bande Annonce :

 

 

 

 

 

Production: Attic Light Films, Cloud 9 Films Partners 

 

Sites Internet:

https://www.facebook.com/alteregosmovie

 

http://alteregosmovie.com/

 

 

 

Interview du réalisateur et scénariste: Jordan Galland

 

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Fantasticmovies:Pourriez-vous vous présenter en quelques mots aux lecteurs de fantasticmovies?

 

Jordan Galland: J’ai grandi à New York où j’ai fait des études de cinéma et de musique à la N.Y.U. J’ai continué à travailler dans les deux univers après mon diplôme en jouant à temps plein dans deux groupes (Dopo Yume et Domino), en collaborant avec d’autres musiciens comme Mark Ronson et Sean Lennon et aussi en écrivant des scénarios et en réalisant des courts-métrages. En 2007, j’ai décidé de me concentrer sur la réalisation, j’ai arrêté les concerts. J’ai réalisé mon premier film: Rosencrantz And Guildenstern Are Undead et quitté mon groupe tout en continuant à faire de la musique en studio  et en composant de la musique de film pour les autres. C’est toujours où j’en suis aujourd’hui. Je fais des films mais je continue à faire de la musique pour d’autres projets.

 

 

Fantasticmovies: Quel est le dernier film que vous avez vu qui vous a le plus marqué?

 

J.G.: Je viens de voir Byzantium de Neil Jordan et je suis étonné de sa parenté avec son film précédent Mona Lisa. Je suis étonné aussi de la manière classique mais fraiche dont il aborde le film de vampire, plus à la  The Hunger qu’à la Interview With A Vampire.

 

Fantasticmovies:Quelles sont vos influences en tant que cinéaste? 

 

J.G.: J’ai grandi en aimant tellement de films et de réalisateurs populaires qui ont influencés tout le monde à l’instar des Beatles, Rolling Stones et Led Zeppelin pour la musique.

Orange Mécanique et Shining de Kubric,La Dolce Vita de Fellini, Rosemary’Baby de Polanski, Le Parrain de Coppola, Les Affranchis de Scorsese, Blue Velvet de Lynch. Bien sûr ces réalisateurs ont réalisés d’autres superbes films.J'ai aussi un énorme penchant pour de nombreux films de Tim Burton, Ridley Scott, Tony Scott, Jim Jarmusch, Park Chan-Wook, Wes Anderson, Tarantino, Truffaut, Jim Henson. La liste est longue et j’adore m’étendre sur le sujet. The Hunger et True Romance de Tony Scott font partie de mes films favoris. Basic Instinct est aussi un film que je peux revoir sans fin. Mon réalisateur actuel préféré est Nicholas Winding Refn. Mais ma première influence, celle qui m’a poussé à écrire est Woody Allen.Les films que Gordon Willis a tournés pour lui sont mes préférés, un mélange rare de cinématographie étonnante et de narration perspicace et brillante.

 

Fantasticmovies: Que pensez-vous du cinéma de genre actuel en général et dans votre pays?

 

J.G.: Je me sents dépassé la plupart du temps par celui-ci.D’un côté, je me dis: «Qu’est-ce que j’aurais aimé voir ses effets spéciaux quand j’étais petit». De l’autre je me dis: «Heureusement que je n’ai grandi avant ces effets spéciaux» car je n’aurais pas tant apprécié la lecture de livres et de comics. J’ai passé beaucoup de temps à m’imaginer ce que je lisait dans les livres, et ce qu’ils donneraient dans la vrai vie. Les films de notre époque montrent quasiment tout et transportent le public dans une montagne russe 3D conduite par des monstres en CGI. Bien sûr c’est marrant, mais après vision,on n’a plus à s’imaginer grand chose. Je m’inquiète du fait que notre imaginaire se restreint. 

 

J’aime les films qui ont des effets  graphiques faits avec goût, et distillés parcimonieusement sans altérer la narration comme dans Let The Right One In. Je pense de même pour les comédies, je ne veux pas de blagues ou de CGI qui nuisent à l’histoire et je serais énervé que le film prenne la tangente pour un rire ou un effet racoleur.

 

Fantasticmovies:Comment écrivez-vous un scripte? Quelle est votre manière de travailler?

 

J.G.:J’ai écrit un synopsis de 20 pages puis j’ai fait une cinquantaine de brouillons de l’histoire jusqu’à ce qu’elle soit solide. J’ai ensuite écrit le scénario. Il m’a fallu une cinquantaine d’essais, j’y ai inclus les indications d’amis, de producteurs et d’écrivains.

 

Fantasticmovies:Comment est né le projet?

 

J.G.: J’avais besoin de trouver un moyen pour faire un film pas cher. J’ai écrit un tas de gros budget qui ont fait le tour d’Hollywood, passant de producteurs en producteurs mais qui sont restés au point mort. Voilà pourquoi j’ai tout fait à l’envers, j’ai d’abord trouvé les lieux de tournage (une station de vacance rétro hors saison), puis les acteurs (des gens avec qui j’ai travaillé sur Rosencrantz), après je me suis occupé des effets spéciaux ( Gari Breslin m’a dit ce qui serait faisable avec un petit budget) alors j’ai décidé : « Ce serait cool que ce soit des super héros.».Puis, j’ai écris un scénario à la Reservoir Dogs avec des super héros. Au final, il est moins violent et s’apparente plus à un Clerks avec des super héros

 

Fantasticmovies: Alter Egos est vraiment très beau à regarder et le travail du son est vraiment bien, était-ce  beaucoup de travail en post-production?

 

J.G.: Merci! C’était un travail énorme. La post-production a duré 9 mois. J’ai monté le film pendant trois mois, puis j’ai travaillé avec Sean Lennon sur la musique, puis envoyé certaines compositions de Sean à Patrick Soluri pour les arranger et les lier à des scènes. Pendant que je travaillais avec Patrick, je travaillais avec Gary Breslin sur les CGI. Il a fait toutes les CGI compliqués comprenant les effets des pouvoirs de glacés de Fridge pendant que moi je m’occupais de tous les inserts TV et news du film. J’ai aussi, simultanément fait le sound design moi-même. Trois jours de nettoyage de dialogues, puis rajouts de bruits de pas, de bruissements de vêtements, ainsi que les sons des super pouvoirs qui étaient rigolos à réaliser.Puis Matthew Polis a tout mixé à Soundspace.


Fantasticmovies:Parlez-nous des effets spéciaux.

 

J.G.: Mon approche pour des effets spéciaux est liée avec le style des super-héros eux-mêmes. J'ai voulu que vous ayez le sentiment d’entrer dans une bande dessinée, mais que celle-ci soit réelle et que l’environnement soit naturel. Les costumes sont brillants, moulants et pas modernes à l’inverse de ceux de Batman de Christopher Nolan et des films Marvel . Dans cet esprit, j'ai senti que, puisque le costume de Fridge est bleu et  le bleu est souvent la couleur du froid,  le faisceau de glace qu'il tire de sa main doit être bleu lui aussi. Avec le pouvoir d'invisibilité de Danny Masterson, il était simple de le faire apparaitre et disparaitre mais ça ajoutais un plus aux plans si la caméra était tenue à l’épaule.Je voulais aussi pour le film un look «caméra à l’épaule», cela ferait plus réaliste  qui contrasterait avec la musique épique, le thème des super héros et ce qu'ils vivent.

 

Fantasticmovies:Parlez-nous de votre collaboration avec Sean Lennon.

 

J.G.: Sur Rosencrantz and Guildenstren are Undead, Sean a fait le score pendant que je montais le film. Il a fait les titres issus des références que je lui ai données qui allaient bien avec le montage.J'en suis fier, mais ce n'était pas la meilleure façon de travailler, plus tard, quand j'ai voulu apporter des modifications au montage juste avant sa première au Slamdance, il y n'avait aucune marge de manœuvre avec la musique. Nous avons fait en sorte que ça marche, mais je ne voulais pas répéter les mêmes erreurs. Avec Alter Egos, nous avons commencé de la même manière, avec une approche qui était plus inspirée de la musique  excentrique de Napoleon Dynamite avec  un peu de style «espionnage italien» tout en étant liée à l'histoire.Alors quand Sean et moi nous sommes vus, nous avons travaillé pendant quatre jours dans une direction totalement différente. Nous n’avons pas dormi, bu du redbull et Sean a composé dix-sept nouvelles chansons. Chacune composée avec l'intention de soutenir les émotions qui apparaissaient dans les scènes. Nous avons eu beaucoup d'influences, d’ Angelo Badalamenti  à Danny Elfman  en passant par le surf rock et le disco. Sean et moi avons toujours travaillé de cette façon, lorsque nous avons collaboré dans le passé, mélangions les genres et nous inspirions de diverses références.La chanson « Mon hero» a été l’idée de Sean. J'ai couru avec elle et ai passé quelques jours à bricoler les paroles.

 

Fantasticmovies: Dans votre film, les super ont des problèmes humains, comment pourriez vous définir un super héros dans notre société moderne?

 

J.G.: J’ai observé une tendance dans les films de super héros qui montre des gens normaux devenir des super comme dans Kick Ass, Defendor et Super.Quand les super héros sont mutants, comme dans X-Men, ils ne montrent pas vraiment leur côté humain. Ils le font mais toujours dans un contexte de film d’action. Je voulais explorer l’intimité profonde de ces célébrités colorées. C'est plus proche de la série Robot Chicken quand ils montrent la Ligue des Justiciers organisant une fête d'anniversaire ou discutant sur une livraison de pizza que Kick Ass. Mais pour répondre à votre question, je pense que les super-héros dans notre société, comme les politiciens et les stars de cinéma, sont écorchés, pleins de secrets et de désespoir, comme le reste d'entre nous, et probablement plus tentés par le côté obscur, à cause du pouvoir qu'ils ont dans notre société.

 

Fantasticmovies:Fut-il facile de trouver des acteurs et une équipe motivés pour le film?

 

J.G.: Je ne veux pas dire «facile» parce que leur travail n'est pas facile du tout.Et je me sens chanceux de travailler avec des acteurs de talent.J'ai rencontré la plupart d'entre eux lors de mon premier film.J'ai donc écrit des parties pour eux, en espérant qu'ils diraient oui.Brooke Nevin était le seul acteur que je ne connaissais pas et il a dû passer une audition.Le DP - Chris Levasseur -a également tourné mon premier film.Il y avait donc beaucoup de familiarité sur le plateau, ce qui était super.Je n'avais travaillé avec aucuns des membres de l'équipe avant, et c'était vraiment difficile de convaincre les gens de talent de travailler pour très peu dans des lieux exigus et des circonstances inconfortables.

Trois personnes partageaient un lit, ce genre de chose. Seize heures de travail par jour. Très épuisant.

 

Fantasticmovies: Que pouvez-vous nous dire à propos des conditions de tournage?

 

J.G.:Il gelait au début, et il a fait super chaud à la fin.C'était une période de trois semaines du printemps durant laquelle vous ne savez pas quel temps il va faire. Les super-héros crevaient de froid les deux premières semaines de tournage à l'extérieur.Et nous n'avons pas eu beaucoup de temps, nous avons donc travaillé aussi vite que possible.Toutes les scènes de dialogue ont été tournées en 12 jours, et les flashbacks,la semaine suivante.

 

Fantasticmovies: Avez-vous une anecdote à propos du tournage?

J.G.:Moondog joué par Carlos Velazquez, qui est aussi mon partenaire de production sur le film,quand il s'est présenté sur le plateau dans son costume, après être passé par la coiffure et le maquillage, personne ne l'a reconnu.Les gens avec qui il avait travaillé durant des jours venaient se présenter.Je suis toujours surpris quand ce genre de chose arrive, parce que je ne m' y attendais pas.Pour moi, il ressemblait à Carlo avec une perruque et des lunettes de soleil.L'ironie fait que  c'était un film de super-héros dans lequel vous vous attendez qu’ un personnage comme Claudel réalise plus tôt que Brendan est Fridge, mais elle ne percute pas.Et nous voyons que ce genre de chose peu se produire en vrai.

 

Fantasticmovies: Parlez-nous du budget d’Alter Egos.

J.G.: Le budget était très limité.La plupart des mariages et des fêtes de promotion coûtent plus cher.Mais j'avais écrit le scénario avec cela à l'esprit.

Fantasticmovies: Pouvons-nous espérer une sortie du film en Europe?

J.G.:Il va sortir le 15 Juillet au Royaume-Uni, et puis dans d’autres marchés étrangers plus tard dans l'année

Fantasticmovies: Des projets futurs?

J.G.:J'ai un certain nombre de scriptes en sur le feu. L'un d’eux est mon propre point de vue sur un film de possession qui commence là où la plupart se terminent.Il s'agit d'une jeune fille qui se remet d’une possession démoniaque.Et je veux que ce soit un retour au genre «film d’horreur avec Mia Farrow» comme Rosemary’s Baby ou The Haunting.Et l'autre est plus un thriller psychologique.J'ai été très inspirée par l'idée de combiner Psychose et Misery. Un Misery à l’envers où l'écrivain prend en otage les fans.

 

 

 

 

 

22/07/2013

Dead Weight: critique et interview des réalisateurs: Adam Bartlett et John Pata

 

 

DEAD WEIGHT

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Résumé :A la suite d'une épidémie virale apocalyptique, Charlie Russell traverse un nomansland pour retrouver sa petite amie, Samantha. Le voyage de Charlie le rapprochant de sa destination(Wausau, WI), il doit faire face à l'épuisement physique, les survivants malveillants, et peut-être plus menaçants envore , ses propres émotions. Avec ses compagnons de voyage, Charlie doit tenter de surmonter son obsession pour le passé. Il doit apprendre à lâcher prise.

 

 

Réalisateur: Adam Bartlett, John Pata

 

Scénaristes: Adam Bartlett, John Pata

 

Acteurs :Joe Belknap, Mary Lindberg, Michelle Courvais, Aaron Christensen, Sam Lenz, Jess Ade


Pays :Etats-Unis

 

Année : 2012

 

Durée:89 min.

 

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Critique :

 

Le cinéma indépendant ricain est décidément plein de bonnes surprises. En atteste ce Dead Weight, réalisé et écrit par deux passionnés, Adam Bartlett et John Pata. Film d’»infectés» sans «infectés», et c’est ce qui fait sa force, Dead Weight se centre sur ses personnages, un groupe de survivants lambda en route vers un eldorado fantasmé. Le film pose la question de l’individualisme naturel de l’être humain et de ses conséquences en cas de conditions de survie. Est-ce que l'égoïsme prime sur l’empathie et l’altruisme? En voyant Dead Weight, on est tenté de dire oui. La maxime «chacun sa merde» est-elle universelle? Une question à laquelle Sartre a répondu par son célèbre «L’enfer c’est les autres» dans sa pièce Huis-clos. Trêve de phylosophie de comptoir et revenons-en au film.

Dead Weight est donc un «post apo» dans lequel nous suivons le long voyage de Charlie au sein d’un groupe de survivants vers Wasau, un village où se cacherait sa petite amie.

Basé essentiellement sur des dialogues bien pensés, le film propose au spectateur de vivre au plus près de ces survivants pas du tout armés ni entrainés à ce genre de situation. Exit donc les scène d’actions intempestives, les effets redondants ou quelconque score assourdissant. Bartlett et Pata nous offre un drame sur fond fantastique sans second degré. Un pure film qui vient des et qui prend aux tripes. 

Le casting composé principalement d’acteurs amateurs est criant de vérité. D’un point de vue technique, aussi bien l’image que le son apportent au film une facture d’excellente qualité qui n’a rien à envier aux grosses productions.

 

Bref, Dead Weight est une nouvelle preuve qu’assurément le cinéma passionnant vient de la scène indé. 

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Note: 16/20

 

 

 

Bande Annonce :

 

 

 

 

 

Production:Head Trauma Productions

 

Sites Internet:

http://CarryingDeadWeight.com

http://facebook.com/CarryingDeadWeight

http://twitter.com/DeadWeightMovie

http://www.imdb.com/title/tt2094810

 

Interview des réalisateurs et scénaristes: Adam Bartlett et John Pata

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Fantasticmovies:Pourriez-vous vous présenter en quelques mots aux lecteurs de fantasticmovies?

 

Adam Bartlett: Je suis le co-scénariste/réalisateur de Dead Weight.Parallèlement propriétaire du label Gilead Media.

 

John Pata: Je suis l’auteur, co-scénariste/réalisateur de  Dead Weight Je travaille à temps partiel dans un magasin de bd, ce qui me permet de payer mes factures alors que je me concentre sur le cinéma à temps plein. Je suis aussi le président d’une salle de cinéma à but non lucratif à Oshkosh, WI (USA).

 

Fantasticmovies: Quel est le dernier film que vous avez vu qui vous a le plus marqué?


J.P.: Il y a quelques semaines, j'ai vu The Forbidden Door, un film indonésien de 2009.C'est un film très lent, centré sur les personnages à l’horreur très crue. Audition de Miike a reçu beaucoup d’éloges concernant son rythme lent qui finit par porter ses fruits mais je crois qu’avec The Forbidden Door, on en a pour son argent.

 

A.B.: Je n'ai pas eu autant de temps que je ne l'avais espéré pour voir beaucoup de films cette année. Je me suis beaucoup dépensé pour le label depuis que John et moi avons fini Dead Weight et le circuit festivals/ conventions, est moins mouvementé cette année.

Je dois dire que j’espérais détester Man Of Steel. Je n’ai jamais aimé le travail de Zack Snyder malgré l’incroyable visuel de ses films. Mais mon père était impatient de le voir, j’ai donc été avec lui le jour de la fête des pères. En sortant de la salle, j’avoue que j’ai adoré le spectacle. Je suis sure que je vais perdre ma crédibilité de réalisateur en disant cela, mais c’est un film qui m’a vraiment surpris.

 

Fantasticmovies:Quelles sont vos influences en tant que cinéastes? 

 

J.P.: Mes influences sont sans fin et varient selon le projet. Pour Dead Weight, nous avons puisé dans plein de références différentes: The Thing, The Road,X-Files,la série de The Dark Tower, 28 Jours Plus Tard,et même Die Hard.C'est vraiment un méli-mélo de films, de romans, de séries et de bandes dessinées.

 

A.B.: John Carpenter,Edgar Wright, David Fincher,Sam Mendes, ils ont tous un immense talent que je respecte.

 

J.P.: Ah,oui, concernant les réalisateurs, Carpenter et Wright ont une immense influence sur moi. Je dois aussi rajouter Peter Jackson et Robert Rodriguez. Et Kurt Russel, qui n’est pas un réalisateur, mais il est Kurt Russel.

 

Fantasticmovies: Que pensez-vous du cinéma de genre actuel en général et dans votre pays?

 

J.P.: Adam et moi-même sommes en train de nous envoyer des textos concernant le Remake d’Oldboy dont nous venons de voir le trailer qui est sorti aujourd’hui (pendant que nous répondons à cette interview). Je pense que c’est une bonne introduction pour répondre à cette question.

 

A.B.: On pourrait râler et se plaindre des films d’horreur des gros studios, que franchement je n’ai pas eu envie de perdre mon temps à regarder.

 

J.P.: Aux États-Unis, cinéma de genre mainstream est frustrant et décevant.J'attends avec impatience le jour où cette phase de fichus remakes et de manque d'originalité à Hollywood périclitent.

 

Fantasticmovies:Comment écrivez-vous un scripte? Quelle est votre manière de travailler?

 

J.P.: Avant même d’ écrire le scénario,nous avons rempli un carnet avec toutes sortes de notes sur l'intrigue, les personnages, l'environnement, l'épidémie, et des tonnes d'autres trucs qui n’apparaissent pas à l'écran. De ces notes, nous en avons tiré 2 ébauches du scénario. L’une qui a lieu au temps présent et l’autre  qui traite des flasbacks. Puis, nous avons planifié et commencé le scripte.

 

A.B.: John et moi écrivons tout ensemble, excepté les petites réécritures du final quelques temps avant que la production ne commence. L’un de nous est assis devant le clavier pendant que l’autre l’est sur un canapé derrière l’ordinateur. Quand l’un a une super idée, nous changeons de place, et laissons l’autre écrire. C’est un bon moyen de sauvegarder les idées et de laisser les mots venir.

 

J.P.: Quand tout cela fut fini, nous avons passé près de 6 mois à écrire le scripte. Nous en avons fait 6 ébauches.

 

Fantasticmovies:Comment est né le projet?

 

A.B.:John et moi, nous nous connaissons depuis très longtemps et après la sortie de son premier film, un court qui s’appelle Better Off Undead, il a commencé à travailler sur un nouveau métrage Among The Dead,dans lequel je devais jouer. Le projet a périclité mais je me suis mis en tête qu’il était possible de réaliser un film localement. Pendant que je travaillais à mi-temps dans un call-center et un autre dans une imprimerie que John a fondée, j’ai élaboré 5 ou 6 idées de base pour l’intrigue de Dead Weight  . Je les ai présentées à John un jour où nous travaillions ensemble et nous n’avons pas pu arrêter d’en parler.


J.P.:Nous avons passé chaque journée de travail durant des semaines à discuter de nos idées.

 

A.B.: Finalement, le jour arriva où nous avons décidé de commencer à écrire.

 

Fantasticmovies: Un film à propos d’infectés, sans personnages infectés à l’écran. Dites nous comment vous avez fait pour captiver le public?

A.B.:J’espère que nous avons captivé le public! Au départ,  nous voulions que Dead Weight soit centré sur les personnages. Plus de dialogues, moins d’action.

J.P.: Nous avons décidé d'écrire ce que nous ressentions, nous étions  devenus les personnages. Surtout quand  quand on a abordé  ceux de Charlie et Samantha.On peut se demander pourquoi ils sont encore ensemble? Non pas qu'ils soient à la marge ou quoi que ce soit, c'est juste que parfois les relations ne fonctionnent pas comme nous le voulons. Nous ne voulions pas du cliché d’une relation merveilleuse. Ce n'est pas comme ça que ça marche, les relations ont des hauts et des bas.

A.B.: Tout au long de l'écriture nous méditions sur chaque mot que nous avons écrits pour ces personnages. Pendant le montage du scripte nous avons lutté pour nous assurer que chaque scène serait pertinente,  et avons coupé des lignes autant que possible.Nous avons finalement écrit environ 120 pages dans la première version du script.Beaucoup trop long, mais nous mettions toutes nos idées sur le papier.J'ai l'impression que cela nous a donné l'étendue de nos personnages, et nous a permis de déterminer ce qui devait être éliminé jusqu'à ce que nous  nous fixions sur l’essentiel .

 

Fantasticmovies: Dead Weight est vraiment très beau à regarder et le travail du son est vraiment bien, était-ce  beaucoup de travail en post-production?

 

A.B.: Tout d'abord, je vous remercie pour vos compliments.

 

J.P.:Comme nous l'avons dit sur ​​le plateau (et depuis) maintes et maintes fois, notre directeur de la photographie, Travis Auclair, est un magicien.Cet homme a le talent et la capacité de rendre tout magnifique.Notre coloriste, Derrick Carey a rendu le film plus classieux   en améliorant la palette de couleurs spécifiques sur laquelle nous avons travaillé. Pour les scènes qui se déroulent au temps présent, il a désaturé  les couleurs. Il a éliminé les parasites et a rendu la palette encore plus fade. Pour les flashbacks, il fait exactement le contraire, la saturation a été augmentée pour rendre les couleurs pop.

 

A.B.: Un des points sur lequel je me suis concentrer dans la post-production était ma conviction que le son peut tuer un film.Si les bruitages ne ​​semblent pas naturels,qu’il n’y a pas de fond sonore ou que les dialogues sont difficiles à entendre, ça va empêcher l’immersion du spectateur dans le monde dans lequel nous voulons le faire entrer.Nous avons compté sur Nick Elert pour gérer la musique du film et sur Adam Tucker pour gérer la post-production audio, et nous ne pouvions pas être plus heureux.Ces deux  mecs ont amené le film à un niveau supérieur.John et moi avons réussi à faire les  bruitages nous-mêmes et ça fonctionne. Ce fut trois jours difficiles. Nous les avons réalisés dans la chambre et la cave de John, dans ma voiture, et dans deux autres endroits.Mais nous y sommes arrivés et c'était probablement ma partie préférée de la post-production.

 

J.P.:Le montage audio a été tout aussi vaste que le montage vidéo.J'ai dû mettre bien plus de trois cents bruitages dans le film, qui comprenait entre autre  tous les bruits de pas, les crépitements de feu, les fermetures de portes, et bien plus encore.Nick et moi  avons ensuite passé trois jours au studio de Tucker (à Minneapolis, MN) pour superviser le mixage et le mastering. C'était un travail difficile et fastidieux, mais qui en vaut la peine et Tucker a excellé.

 

Fantasticmovies: Pensez-vous que Dead Weight puisse plaire à un large public?

J.P.: Pour dire les choses crûment, Dead Weight est un film étrange. Nous le décrivons comme un survival horror combiné avec une histoire d'amour post-apocalyptique.Il se déroule dans un lieu infesté de zombies, mais nous ne  les montrons pas. C’est un film axé sur les personnages et les dialogues, sans trop de violence et dénué de gore.Nous espérons qu'il offre un aspect dramatique plus intense que dans les films d’horreur que nous avons vu pu voir dernièrement, et plus d’éléments d'horreur que dans la plupart des drames .Il ya des éléments qui pourraient très bien plaire à toutes sortes de gens, mais ils sont présentés d'une façon différente.

A.B.: J'aime à espérer qu'un large public puisse apprécier ce que nous avons réalisé, et la façon dont nous avons choisi de raconter l’histoire.Evidemment, nous avons décidé de renoncer à une grande partie des aspects classiques du cinéma pour raconter l'histoire à notre propre sauce, nous comprenons qu'il ne va jamais séduire les masses.Mais nous sommes confiants qu'il ya un certain nombre de gens, en particulier ceux qui apprécient les films indépendants, qui seront en mesure d’pprécier ce que nous avons fait.

Fantasticmovies: Connaissez-vous la citation de Sartre: «L’Enfer C’est Les Autres.»?

J.P.:Vous ne pouvez pas m'empêcher de penser à quelque chose que dit Ollie dans The Mist: «En tant qu'espèce, nous sommes fondamentalement fous».Mettez plus de deux d'entre nous dans une pièce, nous choisirons notre camps et commencerons à rêver à des raisons de tuer l’ autre. 

A.B.: Je ne suis pas familier avec la philosophie, mais cette citation est légendaire, bien sûr. Je ne dirais pas que les idéaux philosophiques spécifiques, largement acceptés ont infulencé John et moi-même dans la création de Dead Weight. La survie est une chose égoïste. 

J.P.: Nous avons tout simplement très peu  foi en l'humanité. Ha.

 

Fantasticmovies:Parlez-nous des effets spéciaux.


J.P.: Puisque l'approche de Dead Weight était de se concentrer sur les personnages, nous avons fait un choix conscient de respecter cette idée, ce qui implique que nous n'allions pas mettre en évidence la violence ou le  gore.Pour cette raison, nous n'avions pas vraiment de nombreux effets spéciaux.

 

 

A.B.: Nous ne voulions pas qu'ils détournent les téléspectateurs de l'histoire.Je pense que l'effet le plus compliqué que nous avons dû réaliser,était une scène  de vomi, ce qui était assez hilarant.

 

 

Fantasticmovies:Fut-il facile de trouver des acteurs et une équipe motivés pour le film?

 

A.B.:Pas aussi difficile que nous ne l’avions pensé. Ce qui est propre au Wisconsin c’est de voir comment les gens sont impatients de soutenir la création d’ œuvres honnêtes. John et moi sommes très chanceux de pouvoir compter sur des gens exceptionnels faisant partie de notre sphère d’amis. Grâce à eux Dead Weight est ce qu’il est. Ils ont donné de leur temps et de leur énergie pour faire voir le jour au projet. Nous leur en sommes pour toujours reconnaissants. Pour les acteurs, nous les avons choisis dans nos groupes d’amis. Avec le budget que nous avions, nous ne pouvions pas nous offrir un casting d’acteurs professionnels. Nous en avons quand même quelques-uns. Donc, quand nous écrivions, nous devions avoir en tête des personnes que nous connaissions afin de donner leurs caractéristiques aux personnages. Encore une fois, on est vraiment chanceux d’avoir un tel réseau d’amis dévoués.

 

Fantasticmovies: Que pouvez-vous nous dire à propos des conditions de tournage?

 

A.B.: Que nous n’allons plus jamais planifier un tournage de film au Wisconsin dont 70 pourcents a lieu en extérieur en avril. Nous avons eu des vents violents,le blizzard, nous avons eu de la boue et du fumier jusqu’aux chevilles,...C’était un combat contre les éléments.

 

J.P.: Sans oublier que quand nous avons tourné les scènes de flashbacks, il faisait 32 degrés, et nous avons passé toute la journée dans un appartement sans air conditionné au troisième étage. C'était nul.Autre chose à relevé à propos des conditions de tournage, c’est que Dead Weight n’a été tourné qu’en dix jours, ce qui veut dire que c’était très stressant de jour comme de nuit. En raison des horraires de l’équipe et du casting, nous n’avions pas beaucoup de temps pour tourner. Trainer ou prendre notre temps ne furent pas des options.


 

 

Fantasticmovies: Avez-vous une anecdote à propos du tournage?

J.P.: On ne s’est jamais ennuyés sur le tournage,ça on peut le dire!Un de nos producteurs, Dan Kiggins était malade et a commencé à vomir. Lors de la scène du vomi que nous avons mentionnée, Dan a dirrectement couru hors de la maison pour vomir dans les buissons. Ca nous a mis tous en confiance par rapport à cette scène. Au cinquième jour de production, une soirée dansante (composée de l’équipe et du casting) s’est organisée sur la rue. C’était marrant. Il y avait un sadwich de 2m dans la baignoire de l’appartement de Mary Lindberg (Samantha) surnommé le «tub sub». Et c’est dure de ne pas mentionné que durant la scène où Charlie discute avec Harrison et Ellen, un âne avec une érection se trouvait à 2 mètres  de la caméra.

A.B.: On en a pour des jours d’histoires à propos de Dead Weight. Faire des films indépendants, c’est une aventure, que tous les réalisateurs vous confirmeront. Chaque jour a son lot de surprises, bonnes ou mauvaises. Des choses ridicules semblent arriver tout le temps. Sur le moment même pas si droles.  6 mois après la seule chose que nous pouvons faire, c’est d’en rire. 

Ha oui, j’ai chié dans les bois. Deux fois. Ca tuait. 

 

 

Fantasticmovies: Parlez-nous du budget de Dead Weight.

A.B.:Pour le moment nous ne pouvons pas vraiment en dire trop sur notre budget, puisque nous finalisons la distribution nationale, et nous commençons à chercher au niveau international. Nous dirons qu'il était inférieur à 2 millions de dollars, parce que c'est ce que nous avons du remplir dans les formulaires de la SAG(la screen actors guild, le syndicat des acteurs ndlr).

J.P.:Comme un bon ami à moi et collègue réalisateur, Cory Udler, a dit: «chaque cinéaste pourrait quotidiennement dépenser un millier de dollars». Des mots plus justes n’auraient pas pu être trouvés .

Fantasticmovies: Des projets futurs?

J.P.: Réponse courte - Oui. Réponse plus longue...

 

A.B.: John et moi avons beaucoup d’idées sur lesquelles nous travaillons. Mais quelle histoire en sortira? Nous n’en sommes encore pas certains nous-mêmes. Il y en a une que nous avons en tête pour le moment mais nous allons voir comment tout va se dérouler.

 

J.P.: De plus nous avons des investisseurs que nous devons rembourser,c’est une priorité absolue.Nous n'avons pas voulu plonger pleinement dans un prochain grand projet jusqu'à ce tout soit réglé. Puisque nous sommes en train de finaliser distribution nationale, nous espérons y arriver très vite et nous focaliser sur le prochain projet.

 

A.B.:J’ai aussi l’écriture d’un livre en projet. Une histoire que j’ai en tête depuis l’élaboration de Dead Weight

 

Fantasticmovies: Un mot pour la fin?

J.P.: Nous n'avons pas de formation formelle en  éducation du cinéma. J’ai étudié le graphisme. Nous ne faisons pas ça pour l’argent. Nous sommes deux amis qui avons grandi dans le milieu punk-rock-hardcore avec une mentalité de débrouille. Nous pensions que nous pourrions faire un film intéressant.Nous avons été submergés par nos ambitions nous nous sommes dit que rien n’allait nous arrêter. À ce stade, cela fait presque quatre ans que nous avons commencé à parler de Dead Weight. J’ai vendu l’affaire que j’avais cofondée non seulement pour me concentrer sur le film , mais aussi, pour aider à son finencement. Beaucoup de sacrifices ont été faits, beaucoup de sommeil a été perdu, et nous avons probablement perdu quelques années de nos vies à cause du stress.Cependant, au final, nous avons un film que nous avons fait avec nos amis qui a  été projeté en international, qui remporté plusieurs prix,qui  a reçu  encore plus de nominations, et qui nous permet de faire des choses incroyables comme cette interview! 

L’engagement, le dévouement et la passion peuvent vous emmener où vous voulez aller.

 

A.B.: Ce que nous essayons toujours de dire aux gens, c'est que vous n'avez pas besoin d'aller dans certaines grandes villes connues pour être les épicentres du divertissement afin de créer un film ou une œuvre d'art.Il ya des gens talentueux et engagés, peu importe où vous êtes.Nous avons tourné tout le film dans les 20 miles autour de notre petite ville (Oshkosh, WI), en utilisant presque exclusivement des acteurs et une équipe du Wisconsin.Presque tous des amis.Nous avons fait appel à la communauté locale pour nous soutenir, et ils l'ont fait. Les gens voient quand vous travaillez sur un vrai film indépendant, une oeuvre d’art, et vont vous aider tout au long du processus. Il est impossible que Dead Weight ait pu être produit à Los Angeles, New York, Austin, ou Chicago. Mais dans le Wisconsin, nous y sommes parvenus.Et nous ne pouvions pas être plus fier du travail que nous avons fait avec toute cette aide de nos amis.