17/11/2013

BD: ZOMBILLENIUM N°3 -CRITIQUE ET INTERVIEW DU DESSINATEUR SCENARISTE ARTHUR DE PINS

ZOMBILLENIUM 

 

TOME 3 

 

CONTROL 

 

FREAKS

 

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Zombillénium par De Pins © Dupuis2013

Synopsis:C'est l'effervescence au parc Zombillénium. Envoyé par Behemoth lui-même, le vampire Bohémond Jaggar de Rochambeau est officiellement censé seconder Francis dans sa gestion du parc. Inquiets, les employés s'attendent au pire : ne le décrit-on pas comme un authentique tueur ? D'autant qu'à y regarder de plus près, les motivations de sa venue semblent bien moins anodines qu'annoncées. Sa mission, c'est de faire du chiffre, pour les actionnaires, certes, mais surtout pour Behemoth qui, lui, attend son comptant d'âmes. Francis, ulcéré, est obligé de courber l'échine devant ce consultant tout-puissant, bien décidé à prendre le pouvoir et à pervertir les règles de Zombillénium. Tandis que se préparent pour le parc de sombres moments, Aurélien traverse une mauvaise passe. Déprimé par sa condition d'immortel et par l'absurdité de sa vie... pardon sa mort, il fait un burn out. Et un burn out, chez un démon aussi puissant, cela peut être dévastateur. Retenu in extremis par Gretchen, il évite le pire. Et cela tombe bien, car Gretchen a un projet pour lui... Un nouvel épisode de Zombillénium particulièrement mordant, dans lequel on découvre les dessous du parc d'attractions le plus monstrueux du monde.

 

Dessin:Arthur De Pins

 

Scénario:Arthur De Pins

 

Editions: Dupuis

 

Sortie :Le 8/112013 (Belgique)

 

Format:Album cartonné, 48 pages en couleurs

 

 

Critique: 

 

Troisième album de la série qui compte parmi  les plus « bankable» (à juste titre) de la maison Dupuis, Le Tome 3 de Zombillénium ravira les fans de la série.

Une nouvelle virée dans le parc d’attraction le plus effrayant du monde pour le lecteur qui une nouvelle fois sera plongé dans le monde implacable de la rentabilité débridée.Ce qui rend l’histoire de Zombillénium très attractive et addictive c’est tout d’abord le traitement de ses personnages mais aussi la manière fine et intelligente dont la société capitaliste muée par la sainte trinitée, rendement-croissance-argent, est dépeinte. Un tour de force magistral qui permet une conscientisation du jeune lectorat. 

L’univers graphique de De Pins, reconnaissable dès la première case, fait instantanément mouche. La finesse et la précision du détail apportent au lecteur une aisance de lecture. 

On peut néanmoins reprocher à De Pins, justement, de rendre son univers un peu trop « kawai. » Les monstres du parc étant plus attendrissants qu’effrayants. Forcer les traits monstrueux des personnages, ça ne fait pas très « grand public . » L’essentiel, finalement est que l’histoire tienne la route. La maitrise des cadres et la lisibilité des actions insufflent un rythme de lecture assez soutenu. Cases après cases, planches après planches, le récit de De Pins est avalé frénétiquement, si bien que l’on peut rester sur sa fin. Une fin, elle-même, ouverte qui annonce déjà une suite et qui joue sur l’attente du public. Malin le De Pins.

Bref : Zombillénium n°3 est un régal pour les yeux qui allie divertissement et prise de conscience. Un condensé de culture pop jouant avec les codes de la série B et le cadrage « Comics. » Un album à mettre entre toutes les mains.


Note:18/20

 

 

Bande annonce:

 

Site internet:

Site officiel

 

Interview du dessinateur et scénariste: Arthur De Pins.

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Fantasticmovies:Pourriez-vous vous présenter en quelques mots aux lecteurs de fantasticmovies?

 

Arthur De Pins :Je suis auteur de BD, réalisateur de films d’animation et illustrateur, selon l’humeur.

 

Fantasticmovies: Quel est le dernier film que vous avez vu qui vous a le plus marqué?

 

A.D.P.:Les sept Samouraïs de Kurosawa. je ne l’avais jamais encore vu. C’est un film génial, filmé à la perfection. Très humain aussi. Bref, toutes les qualités qui font un bon film.

 

Fantasticmovies: Quelle est votre BD de chevet?

 

A.D.P.: J’adore plein de BDs (dernier coup de cœur : Mauvais genre de Chloé Cuchaudet), mais ne suis pas un gros lecteur de bandes dessinées. La série qui m’a le plus captivé : Monster de Naoki Urazawa.

 

Fantasticmovies: Quelles sont vos influences en tant que dessinateur?

 

A.D.P.: Pas du tout des influences BD, pour le coup. J’ai toujours eu du mal avec la tradition du trait noir. Mes influences sont parmi les illustrateurs des années 60 à aujourd’hui, tels que Kiraz, Miroslav Sasek, Jordi Labanda, Monsieur Z...

 

Fantasticmovies: Comment est née la série Zombillénium?

 

A.D.P.: Déjà ado, je dessinais beaucoup de monstres. Puis j’ai mis de côté cet univers pendant mes études pour le retrouver lorsque le rédac’ chef de Spirou m’a demandé, il y a 5 ans, de réaliser une couv’ pour le spécial halloween. Voyant ma motivation, et le résultat, il m’a carrément proposé de démarrer une série avec les personnages de cette couverture (un vampire, un squelette, une sorcière...). Je me suis replongé avec délice dans cet univers fantastique.

 

Fantasticmovies: Votre style est directement identifiable, un conseil aux jeunes dessinateurs qui sont en recherche d’une identité graphique?

 

A.D.P.: Je dirais : éloignez-vous de la BD... Pour y revenir. C’est en gros le conseil que j’ai reçu, étant étudiant. La BD en général est bourrée d’automatismes et de “styles” pré-établis. Inspirez-vous plutôt de la peinture, du cinéma, de l’illustration, de la photo... Et pensez qu’il n’y a pas que l’encre de chine, mais des milliers d’autres techniques à explorer !!!

 

Fantasticmovies: Dans Zombillénium, au fil des albums, vous fustigez notre société ultra-capitaliste tant et si bien que même les créatures surnaturelles en pâtissent. Est-ce important pour vous que les jeunes soient conscientisés à ce nouvel état du Monde?

 

A.D.P.: Je ne prétends pas dépeindre tout le système capitaliste, mais plutôt un certain comportement “de rendement à tout prix” au mépris de l’individu. Dans Zombillénium, chaque employé appartient corps et âme au Diable. C’est une vision de l’entreprise que j’ai. Je voulais aussi montrer qu’il existe de bons patrons et une bonne manière de diriger, à travers le personnage de Francis.

 

Fantasticmovies: En fin de compte, c’est pas cool d’être mort?

 

A.D.P.: Selon le célèbre adage, “La Mort et les taxes sont les deux choses auxquelles on ne peut échapper”. Je n’ai fait qu’appliquer cette règle au sens strict, dans Zombillénium : quand on meurt, on continue à bosser et à payer ses impôts. La question est : mieux vaut travailler à Zombillénium pour l’éternité plutôt que de se faire suer au paradis ou être réincarné en vache ? Je préfère travailler...

 

Fantasticmovies:Comment expliquez-vous le succès pratiquement instantané  (dès la première parution dans Spirou)de la série?

 

A.D.P.: D’abord par la prépublication dans Spirou ! C’est une chance énorme de paraitre dans un magazine. Ensuite, je suis toujours étonné que la série marche bien, compte tenu  du fait que ma précédente (Péchés Mignons) était très différente. Je pense tout simplement que Zombillénium marche parce que je mets beaucoup de moi-même dedans. C’est une série très personnelle et j’ai envie de toucher le lecteur.

 

Fantasticmovies: Un album tous les ans (1 an entre les deux premiers tomes et un peu plus entre le 2e et le 3e), vous êtes une machine de guerre?

 

A.D.P.: Ahah. Non, loin de là. Le tome 1 est sorti un an après sa conception, d’où l’impression de rapidité. Mais il me faut un an pour pondre un album, ce qui correspond à peu près au rythme en vigueur dans la BD.


Fantasticmovies: Votre emplois du temps de dessinateur lorsque vous réalisez un album?

 

A.D.P.: Des horaires très classique : 10h-19h. Comme dans une entreprise. 

 

Fantasticmovies: Que pensez-vous de la BD franco-belge actuelle?

 

A.D.P.: C’est très dur de définir “Franco-Belge”. S’agit-il de BD réalisée en Europe ? Du format ? Quoiqu’il en soit, je trouve la production européenne très diversifiée, mais un peu trop attachée à ses racines. Il y a aussi une certaine tradition “BD-Rock-bière” qui me gonfle un peu et dans laquelle je ne me reconnais pas du tout.

 

Fantasticmovies: Que pensez-vous de la BD numérique?

 

A.D.P.:... rien.

 

Fantasticmovies: Des projets futurs?

 

A.D.P.: Je travaille sur l’adaptation de Zombillénium en long-métrage d’animation. La B.O sera signé Skip the Use et je réalise actuellement le clip de leur prochain single... Dans l’univers de Zombillénium. Sortie dans un mois !

 

Fantasticmovies: Un petit message dédié aux lecteurs de fantasticmovies?

A.D.P.: Zombillénium recrute !!! Venez trouver le job de votre vie !

Extrais:

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Zombillénium par De Pins © Dupuis2013

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Zombillénium par De Pins © Dupuis2013

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Zombillénium par De Pins © Dupuis2013

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Zombillénium par De Pins © Dupuis2013


 

16/11/2013

Court métrage: ZOMBIE CHERI - CRITIQUE- INTERVIEW DU REALISATEUR: JEROME GENEVRAY

 

ZOMBIE CHERI

 

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Résumé :Paris est peuplé de zombies. Les derniers humains s’organisent pour survivre dans cette civilisation dangereuse et intolérante. Aurore tente de vivre en couple mixte une belle histoire romantique.

 

Réalisateur:Jérôme Genevray

 

Scénariste: Jérôme Genevray

 

Acteurs: Linh-Dan Pham, Pio Marmaï,Eric Savin,Julien Ratel,Gérard Dessalles, Cybèle Villemage,Noa Genevray,Emma Debroise,Yves Alion

 

Pays :France

 

Année : 2012

 

Durée:10 min

 

Production: Full House

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Critique :

Zombies par-ci, zombies par là, au cinéma, à la télé, en BD, c’est une véritable invasion. De quoi donner une indigestion de cerveau à ceux qui ne sont pas accros à ce genre.

Heureusement tout de même, certaines oeuvres sortent leur épingle du jeu en s’écartant d’un balisage stricte et contraignant que confère l’univers zombièsque. C’est le cas de ce Zombie Chéri, réalisé par Jérome Genevray. 

Dans un Paris peuplé de morts vivants, Aurore, à la quête d’une vie normalisée parfaite, s’adapte à sa nouvelle condition, vivant même en concubinage avec un zombie.

Le film pose la question suivante, inhérente à notre société moderne : «Pour survivre doit-on rentrer dans les rangs et devenir nous-même des zombies ; nous fondre dans la masse et nous adapter à une culture unique dominante uniformisée? » Une véritable satire sociale qui va au-delà de la simple histoire d’amour des deux personnages principaux.

La mise en scène de Genevray est  magistrale et offre aux acteurs un terrain de jeu qui magnifie leurs prestations.La musique travaillée et les maquillages réussis font de ce court une véritable friandise cinéphilique.

 

Bref, Zombie Chéri,un court dont la satire sociale en toile de fond et le traitement des personnages rappellent le message engagé de Romero. Un véritable gage de qualité qui coiffe au poteau nombre de grosses prods du même genre.

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Note : 16/20

 

Bande-annonce :

 

Sites Internet :

 

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Site du réalisateur 

 

 

 

Interview du réalisateur et scénariste:Jérôme Genevray

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Fantasticmovies:Pourriez-vous vous présenter en quelques mots aux lecteurs de fantasticmovies?

 

Jérôme Genevray : J'ai commencé au lycée à réaliser avec des amis mes premiers courts métrages. On bidouillait à l'époque avec des caméras DV et analogiques, en passant des nuits à faire des montages et trucages sur un ordinateur qui plantait.. Depuis, j'ai réalisé plusieurs courts, écrit un long métrage pour Ugc et créé des cours d'entraînement pour les comédiens au jeu face caméra. Ma passion est devenu mon métier ! Je termine l'écriture de mon premier long métrage avec une société de production . 

 

Fantasticmovies: Quel est le dernier film que vous avez vu qui vous a le plus marqué?

J.G. : Sans hésitation Gravity, autant sur l'histoire que sur la forme. Même si je regrette un ou deux rebondissements un peu artificiels pour relancer l'histoire (ex : le manque de fuel dans la navette de sauvetage...), ce film est exceptionnel et me marquera longtemps (comme Children of men !)

Fantasticmovies: Quelles sont vos influences en tant que cinéaste?

 

J.G. : Si je devais n'en choisir qu'un : Spielberg est celui qui m'a donné le plus envie de faire du cinéma depuis adolescent. Sa maîtrise de la narration (et son apparente simplicité) est un modèle.

Du côté de la télévision, des séries comme Dexter (mais pas toutes les saisons), Oz, Tutor et surtout Homeland sont une grande source d'inspiration scénaristique.

 

Fantasticmovies: Que pensez-vous du cinéma de genre actuel en général et dans votre pays? 


J.G. : Je regrette que l'on arrive plus à faire de bons films de genre, alors qu'on avait un savoir-faire original à une certaine époque (par exemple La beauté du diable de René Clair). Le problème est  moins une question d'argent que d'avoir un bon scénario. Malheureusement, les derniers films que j'ai vu reposent plus sur un visuel, un décors ou même une situation inhabituelle que sur un conflit fort entre les personnages. Et c'est toujours le conflit qui dirige l'histoire et non un univers étonnant.

 

 

Fantasticmovies:Comment est né le projet?

 

J.G. : De l'envie de faire un film de zombie depuis longtemps, et de creuser ce qui me touche beaucoup dans ce mythe : que reste-t-il de notre part d'humanité quand le corps se décompose. Autrement formulé : qu'est-ce qui fait de nous des êtres humains ?

Partant de cette question (génialement bien traitée dans Walking Dead), j'ai eu l'idée de raconter une histoire d'amour qui dépasse la mort, comme dans le très baroque "Della morte Dell'amore" de Michel Soavi (1996).

L'autre envie, plus ludique, c'était de réunir dans une même salle (pour dix petites minutes ;), les garçons (plutôt fan de films de zombie) et les filles (plutôt fan des comédies romantiques).

 

J'ai reçu des messages de spectateurs me disant qu'il avait trouvé ce film de zombies émouvant. C'est formidable, c'est ce que j'espérais !

 

Fantasticmovies: Zombie Chéri est vraiment très beau à regarder et le travail du son est vraiment bien, était-ce  beaucoup de travail en post-production?

 

J.G. : Déjà : merci beaucoup, cela me touche ! Hé bien non, l'essentiel du travail pour les effets visuels était au tournage. La partie la plus importante de la post-production était pour le son, pour recréer une ambiance complète puisqu'il ne fallait pas de bruit de civilisation (voitures, etc.). J'ai travaillé avec Nicolas Bourgeois et Vincent Cosson, qui sont sound designer et mixer. C'était passionnant de recréer un univers sonore. La musique compte beaucoup avec les chansons originales de Mark Daumail (le leader de Cocoon) et les musiques d'Emmanuel d'Orlando (le compositeur de la BOF de Populaire).

La post-prod sur l'image s'est limitée à l'étalonnage. Une première fois dans une société de prod qui ne m'a pas donné satisfaction, une deuxième fois sur l'ordinateur portable de mon chef-opérateur Williams  O'Callaghan. Nous avons utilisé Color, pour obtenir ce rendu post années 70, avec une saturation importante.

Fantasticmovies: Parlez-nous des effets spéciaux.

 

J.G.: Les effets spéciaux étaient uniquement sur le terrain, il n'y a eu aucun trucage numérique. Je suis né avec le digital, mais dans les films, je l'aime quand il ne se voit pas (ce qui est n'est pas encore toujours le cas aujourd'hui.). Avec David Scherer (un incroyable pro des SFX et maquillages traditionnels), nous voulions des zombies à l'ancienne (soit réalistes : la pourriture devait être crédible et suintante). Les techniques ont progressé : David a créé dans son atelier des décalcomanies en relief, que l'on applique rapidement sur la peau des comédiens. Il faut moins de dix minutes sur un tournage pour avoir un zombie au visage complètement ravagé. Le gain de temps est considérable, surtout quand il faut maquiller une vingtaine de zombies.

 

Fantasticmovies:Fut-il facile de trouver des acteurs et une équipe motivés pour le film?

 

J.G.: Oui, et j'étais ravi de cette belle énergie collective que nous avons tous eu. Je me souviens que pour convaincre Pio Marmaï pour jouer le rôle d'un zombie, ou Mark Daumail pour m'écrire deux chansons originales, cela a été très simple. Mon pitch a suffit ("une comédie romantique dans un monde zombie").

 

Fantasticmovies: Votre recette du faux sang.

 

J.G.: Je ne la connais pas, il faut demander à David Scherer (l'homme des effets spéciaux sur le terrain). Mais je sais que cela avait un goût de framboise (pour avoir fait un humain qui se fait attaquer dans le générique) !

 

Fantasticmovies: Pour survivre doit-on rentrer dans les rangs et devenir nous-même des zombies,nous fondre dans la masse et nous adapter à une culture unique dominante uniformisée?

 

J.G.: A l'époque de la mondialisation, où nous sommes tous sur Facebook ou presque, la question est essentielle. Nous sommes au coeur de la problématique des zombies, qui est une belle satire sociale. Le film "Dawn of the Dead" de Romero a clairement amené cette dimension sociale dans le mythe zombie; notamment quand les zombies retournent "bêtement" dans le centre commercial, seul résidu de leur (triste) vie humaine. "Walking Dead", épisode après épisode ou album après album pose cette même question : doit-on tout abandonner quand on n'est plus dans la norme ? "Je suis une légende" (je pense à la nouvelle, et non au film qui était décevant) pose aussi cette question. Dans Zombie Chéri, mon héroïne tente de garder un sens à sa vie grâce à son amour. Ce qui semble impossible.

Le paradoxe de l'homme est qu'il ne peut pas vivre seul, mais a besoin de singularité dans un groupe.

Fantasticmovies: Avez-vous une anecdote à raconter à propos du tournage?

 

J.G.: Nous devions tourner un dimanche après midi une scène avec un steadycam, qui opérait un 180° autour de l'héroïne (la délicieuse et incroyable Linh-Dan Pham, pour qui j'ai écrit cette histoire). Manque de bol, nous arrivons au moment du seul rayon de soleil de la journée. Le parc se remplit de familles avec leurs enfants (ce qui est la moindre des choses pour un dimanche après midi  à Paris !). Impossible de faire le plan sans avoir un "humain bien frais" dans le cadre, ce qui ne colle pas du tout à l'histoire. Pendant que je modifie fébrilement mon découpage pour faire coûte que coûte cette scène, mes deux régisseurs vont voir un par un les 30 familles dans le parc. Ils les convainquent de se mettre dans un petit coin du parc (incroyable !). Nous pouvons finalement tourner notre plan pendant une heure. Conclusions : 1/ vive les régisseurs, et 2/ les parisiens sont des gens gentils :)


Fantasticmovies:Parlez-nous du budget de Zombie Chéri. 

J.G.: Nous avons eu de la part de Canal +, qui a commandé le court métrage, le même budget que les autres films de la collection ("la collection écrire pour..."), soit aux alentours de 25000€. Ce qui n'est pas beaucoup, vu le nombre de lieux, les maquillages et l'obligation de tourner en pellicule (dans notre cas, du 16mm). Mais avec une équipe soudée et des producteurs qui connaissent sacrément bien leur métier (Full House Films), nous nous en sommes très bien sorti !

 

Fantasticmovies:  Des projets futurs ?

J.G.: Oui, je développe un long métrage avec un producteur. Nous commençons la phase du financement. Et je continue avec bonheur mes ateliers de coaching pour les comédiens face caméra (http://workshop.genevray.com)

 

Fantasticmovies: Un mot pour la fin?

 

J.G.: Garglllll !

 

 

 

 

 

 

 

10/11/2013

LEAVE US ALONE (COURT METRAGE):CRITIQUE ET INTERVIEW DU REALISATEUR, NICHOLAS TREESHIN

 

 

 

LEAVE US

 

 ALONE

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Résumé : Sam, une mère célibataire  hérite de la ferme et des terrains de son grand-père qu’elle n’a jamais connu. Sur son lit de mort, celui-ci lui révèle qu’il a caché un vaisseau spatial qui s’est crashé sur la ferme.  N’ayant pas écouté les recommandations de son grand-père, elle court un grave danger. Elle est prête à tout pour protéger son fils.

 

Réalisateur:Nicholas Treeshin

 

Scénaristes:Nicholas Treeshin

 

Acteurs:Leah Gibson,Philip Granger,Havana Guppy,Brian McCaig

 

Pays :Canada

 

Année : 2013

 

Durée: 14 min


 

Production: Wandering Worx Entertainment

 


 

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Critique :

Leave Us Alone fait partie de ces petits bijoux sortis de nulle part et qui nous en jette plein les mirettes. Thriller de SF bougrement bien foutu, le court de Nicholas Treeshin est une réussite à peu près sur tous les points. Son montage en fashbacks,son découpage et son rythme parfaitement maitrisés magnifient une intrigue qui, aux apparences convenues, retournera le spectateur comme une crêpe bretonne.

Le savant mélange d'enquête policière et d’attaque extra-terrestre dans un jardin fonctionne à merveille. 

Le scénario en béton armé est servi par des acteurs qui interprètent de manière convaincante leurs rôles: Leah Gibson (La Planète Des Singes: Les Origines) en mère protectrice et Philip Granger (Paper Moon Affair) en flic placide en tête.

Les effets spéciaux réalistes rappellent (à moindre mesure) l’imagerie de District Nine. Du lourd quoi.

 

Bref, Leave Us Alone fait un sans fautes en nous proposant une SF intelligente et intrigante.


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Note : 18/20

 

Bande-annonce :

 

Site internet:

 

Site officiel

 

Interview du réalisateur et scénariste:Nicholas Treeshin

 

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Fantasticmovies:Pourriez-vous vous présenter en quelques mots aux lecteurs de fantasticmovies?

 

Nicholas Treeshing: Salut, je m’appelle Nicholas Treeshin, je vis à Vancouver au Canada et j’ai écrit et réalisé le court métrage: Leave Us Alone

 

Fantasticmovies : Quel est le dernier film que vous avez vu qui vous a le plus marqué ?

 

N.T.: Gravity. Il est extraordinaire. La tension, les effets et son originalité m’ont retourné. Un film comme ça ne sort que tous les dix ans et encore...

 

Fantasticmovies:Pouvez-vous définir Leave Us Alone Suite 5 mots ?

 

N.T.: Sombre,famille,peur,meurtre,screts.

 

Fantasticmovies : Leave Us Alone est vraiment très beau à regarder, le travail du son et les sfx sont vraiment bons, était-ce  beaucoup de travail en post-production ?

 

N.T.:Oui, nous avons passé un an à travailler les VFX (effets visuels) et le sound design pour donner au film son ambiance et son look. Le son est très important dans le monde de la science fiction.

 

Fantasticmovies : Votre film est puissant. Comment avez-vous fait pour insuffler le bon rythme lors de l’écriture du film?

 

N.T.:Je trouve qu’écrire le scripte d’un court métrage est bien plus difficile que pour un long car vous n’avez pas le temps de vous étendre sur votre sujet.  Chaque mot et action doivent être significatives. J’avais l’idée de cette histoire depuis des années, je savais donc sur quoi me concentrer. Je savais quel rythme donner au film et quant à la musique, elle a aidé à construire le chemin que je voulais que les émotions prennent.

 

Fantasticmovies :Quelle est votre recette du faux sang?

 

N.T.:Sirop de maïs, colorant alimentaire rouge…… classique. 

 

Fantasticmovies : Parlez-nous du budget de Leave Us Alone.

 

N.T.: Nous avons fait ce film avec du sang, de la sueur et des larmes. Toute l’équipe professionnelle a donné de son temps car elle croyait au projet. Pour subvenir aux dépenses de base, moins de 10000 dollars ont été dépensés. Mes producteurs Hayden Baptiste et Rodney Davidson sont des génies de la débrouille pour faire beaucoup avec peu.

 

Fantasticmovies:Avez-vous une anecdote à propos du tournage à raconter?

 

N.T.:Pour créer l’effet du trou dans le mur, nous avions besoin d’un vrai trou dans un vrai mur afin qu’il soit convaincant. J’ai donc construit une partie de mur avec du placoplâtre, du bois et de l’isolant avec un écran vert derrière. Le seul problème est qu’il était trop grand et le seul endroit où nous pouvions tourner était la chambre de ma mère. Elle a dû vivre avec mon faux mur dans sa chambre durant deux semaines. Merci maman.

 

Fantasticmovies: Des projets futurs?

 

N.T.:Pour le moment mes producteurs et moi-même développons Leave Us Alone en long métrage, et nous travaillons sur un thriller pour lequel j’ai déjà écrit un scénario.

 

Fantasticmovies:Un mot pour la fin?

 

N.T.:C’est un réel plaisir de partager notre film avec le public en le diffusant dans les festivals. Les feedbacks et les réactions ont toutes été positives. C’est pour cela que nous faisons des films.