15/12/2013

COURT MéTRAGE: THE GLITCH/ CRITIQUE/INTERVIEW DU REALISATEUR ZIJIAN YAN

 

THE GLITCH

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Résumé : Forcé d’exécuter un androïde, un ingénieur se demande si cette mort apportera vraiment justice.

 

Réalisateur:Zijian Yan

 

Scénaristes:Zijian Yan

 

Acteurs:Matthew Semler,Andrew Patrick Nelson,Nitzan Mager


Pays :Etats-Unis

 

Année : 2013

 

Durée: 11 min

 

Production: Rob Cristiano


 

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Critique :

The Glitch est un court de SF en huis clos. Un «Pleasure Model» (un robot dédié à la prostitution) est accusé de meurtre. Il  (enfin elle) défendra tant bien que mal sa légitime défense attachée à son siège.

Reprenant l’idée selon laquelle, les machines peuvent avoir une âme et vivre des émotions ( rappelez-vous le sympa Appelez-Moi Jhonny 5 ou encore le très beau A.I.), Le métrage de Zijian Yann braque son objectif sur la notion de viol. La machine se montrant humaine (de par son physique et ses sentiments), doit -on la traitér comme un homo sapiens sapiens? Toute est la question de ce court, certes peu original dans son contenu, mais bien ficelé.

Malgré l’unité de lieu et le statisme des personnages, Yan arrive à insuffler à son film un rythme prenant et du mouvement à l’aide d’ une mise en scène savamment orchestrée. Visuellement superbe et bougrement bien foutu, The Glitch magnifie le jeu des acteurs qui est lui-même vraiment convaincant. Le travail du son ultra travaillé, apporte quant à lui de la crédibilité aux actions des personnages et à leur environnement.

Bref, The Glitch apporte sa toute petite pierre à un édifice déjà massif d’un univers SF humainement robotisé.

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Note : 16/20

 

Bande-annonce :

 

The Glitch - Teaser from Zijian Yan on Vimeo.

 

 

Interview du réalisateur et scénariste: Zijian Yan

 

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Fantasticmovies:Pourriez-vous vous présenter en quelques mots aux lecteurs de fantasticmovies?

 

Zijian Yan: Mon nom est Zijian Yan, j’écris,dessine et fait des films. Je suis né à Caracas au Venezuela de parents chinois et ai grandi à Milwaukee au Wisconsin. J’ai étudié la musique à l’université de New York et je finis des études de cinéma à la Columbia University de la ville de New York. Au travers de mes différents chemins, j’ai choisi une direction, celle de raconter des histoires.

 

Fantasticmovies : Quel est le dernier film que vous avez vu qui vous a le plus marqué ?

 

Z.Y: Gravity m’a bluffé. Les films en IMAX 3D me rendent perplexes généralement mais j’ai été subjugué par le traitement parfait de son sujet le travail de caméra et le tandem de la 3D et de l’IMAX. Je me suis rarement senti aussi bien d’avoir dépensé 20 dollars pour voir un film.

 

Fantasticmovies:Pouvez-vous définir The Glitch en 5 mots ?

 

Z.Y.:En une phrase de 5 mots: Qu’est-ce qui fait qu’une personne est humaine?(What makes a person human?)

 

En 5 mots:Androïdes, noir,vie,justice,liberté

 

Fantasticmovies : The Glitch est vraiment très beau à regarder, le travail du son est vraiment bon, était-ce  beaucoup de travail en post-production ?

 

Z.Y.:Le look du film peut-être attribué à parts égales à la pré et à la post-production.  Mon producteur, Rob Cristiano et moi-même avons attaché beaucoup d’importance au design du plateau. Ce sont les détails qui créent le « look ». Notre directeur photo, John Wakayame Carey est un maître de l’habillage lumières. Comme dans n’importe quel film,l’étalonnage des couleurs est une étape importante pour la tonalité que l’on veut donner.

Le plus gros du travail en post-production a été le travail du son. Le plus important dans un film de sf, est la création de son univers.  Comment faire en sorte que le public croit à la machinerie compliquée, à l’électronique et à la robotique dans le film ? Ca requiert un étalage d’effets sonores: ajouter des servos moteurs aux portes, des bips, des vrombissements aux ordinateurs et des sons douloureux de chair d’androïde accrochée aux cables dont il a été débranché. 

Fantasticmovies :Pourquoi avoir choisi le thème de l’homme et de la machine, qui est récurrent dans le cinéma de sf? 

 

Z.Y.:Qu’est ce qui fait qu’un être humain est humain? Sommes-nous des machines ou des animaux ?  Des questions qui, j’imagine continueront à être posées tant que l’humain existe. Un genre comme la sf permet à ce questionnement complexe d’être adapté à l’écran. En élargissant les règles et les possibilités de notre monde, on peut aborder ces questions de manière plus explicite.

 

 

Fantasticmovies : Parlez-nous du budget de The Glitch.

 

Z.Y.: The Glitch est un vrai micro budget. Pour le prix d’un laptop de seconde main, nous avons réussi à mener à bien le film du début à la fin. J’ai pratiquement revendu l’entièreté de mon placard sur Craiglist et avec les 1000 $ que ça m’a rapporté,j’ai acheté sur Home Depot et Ebay des cables,de la tuyauterie,et de l’électronique. Mon producteur, Rob Cristiano avons utilisé ce matériel pour décorer le plateau. Tous ceux qui ont bossé sur le film, l’ont fait par passion et non pour l’argent. Notré équipe était composée d’amoureux de sf aimant les films.  

 

Fantasticmovies:Avez-vous une anecdote à propos du tournage à raconter?

 

Z.Y.: C’est toujours impressionnant, en regardant en arrière de voir au combien faire un film est difficile et paniquant.La nuit avant le premier jour de tournage, mon producteur était encore en train d’imprimer et coloriser les feuilles de papier, qui ont l’espérait, mises ensemble formeraient des nombres géants sur le mur du fond du plateau donnant l’impression de véritables décalcomanies de hagard. Le matin du tournage,j’étais encore occuper à nouer des paquets de câbles entre -eux, espérant qu’ils aient l’air de venir du plafond. Dans le métro, sur le chemin du plateau, j’écrivais encore des idées pour les acteurs et révisait mon planing de tournage. C’est un miracle que le film ait été réalisé dans son entièreté.  

 

Fantasticmovies: Des projets futurs?

 

Z.Y.: Pour le moment, je monte un court que je viens de tourner qui s’appelle Cain. C’est un drame d’action qui raconte la rencontre des neanderthals avec les hommes préhistoriques des premier temps. Je suis très excité à propos de ce projet. Encore une fois, il relève des questions qui font échos à The Glitch: Qu’est-ce qui fait d’une personne, un humain? Peut-il y avoir d’autres espèces qui sont humaines?Quelle est notre nature? Est-ce la violence?

Heureusement, comme dans The Glitch, Cain va transporter les spectateurs dans un autre monde et les invite à explorer ces grandes questions. 

 

Fantasticmovies:Un mot pour la fin?

 

Z.Y.: Merci encore à Fantasticmovies pour son intéret à The Glitch. Nous sommes content de voir que d’autres personnes aiment la sf autant que nous.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

23/11/2013

COURT METRAGE-MECS MEUFS: CRITIQUE ET INTERVIEW DU REALISATEUR LIAM ENGLE

 

 

 

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Résumé :Bob en est convaincu : dans les rapports de drague, les femmes sont le sexe fort. Mais que se passerait-il si les rôles étaient inversés...?

 

Réalisateur:Liam Engle

 

Scénariste:Liam Engle

 

Acteurs:Robert Hospyan,Laure Maloisel,Amandine Klep,Liam Engle,Camille Chloé,Florence Maury,Juliette Delacroix,Aurélia Hascoat,Christophe Gomes,Stéphane Navarro,Manie Malone,Nicolas Kersiak

 

Pays :France

 

Année : 2013

 

Durée:13 min

 

Production: Affreux Sales Et Méchants


 

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Critique :

Dans notre société machiste urbaine, la «femme» est une proie tacite et l’"homme",un prédateur presque malgré lui. Des rôles respectifs que nous nous sommes octroyés et qui,insidieusement, sont devenus la norme. Dans la tête du mec, tout est fait à l’avantage des femmes (entrées dans les boîtes et inscriptions sur les sites de rencontre gratuites,la drague,...). Il doit constamment faire des efforts pour s’imposer dans ce monde devenu féminin. Le sexe fort n’est plus masculin. 

Des propos balayés d’un revers de la main dans ce court où Bob va à la suite d’un passage aux toilettes d’un café, être transporté dans un monde parallèle dans lequel les rôles sont inversés. Les meufs ont pris la place des mecs et inversement. D’abord heureux de se faire mater et draguer dans la rue, de profiter des gratuités que lui offre son statu d’homo masculus,il va vite déchanter.

Réalisé par Liam Engle, ce court profondément féministe, nous rappelle que rien n’est gagné. La parité et l’égalité des sexes sont une utopie qui par essence ne peut être atteinte et que les beaux discours ainsi que les soit-disant privilèges accordés au «sexe faible», ne sont que poudre aux yeux, un voile de fumée qui cache un réel problème que nos politiques feraient bien de prendre en compte (quoi on est sur un blog ciné? et alors? un peu de conscientisation c’est bien aussi!).    

 

Bref, Mecs Meufs, malgré son apparente allure de comédie légère  est un brulot féministe cinglant bien réalisé et joué et qui mériterait de se trouver dans les programmes scolaires.


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Note : 16/20

 

Extraits:

"Mecs Meufs" - extraits from Laure Maloisel on Vimeo.


 

 

Sites Internet :

 

Site officiel

Page Facebook

 

 

 

 

Interview du réalisateur et scénariste: Liam Engle


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Fantasticmovies:Pourriez-vous vous présenter en quelques mots aux lecteurs de fantasticmovies?

 

Liam Engle:Je m’appelle donc Liam Engle, j’ai 32 ans et je suis le réalisateur du court-métrage Mecs Meufs. Je réalise des films depuis que je suis tout petit, mais si j’enlève ma flopée de films amateurs, Mecs Meufs est mon troisième court-métrage professionnel, à savoir réalisé avec une boîte de production, une équipe complète, etc.

 

Fantasticmovies:Comment est né le projet?

 

L.E.: Mecs Meufs est né originellement de ma frustration quand j’avais une vingtaine d’années. J’étais un mec normal, ni un laideron, ni un beau gosse, mais c’était dur d’attirer les faveurs des filles. Lorsqu’une fille marche dans la rue, elle reçoit souvent des marques d’intérêt, alors que pour nous, que dalle (en France tout du moins). A la limite, il n’y a que les mecs homos qui nous lancent des sourires ou des regards sans ambiguïtés. En 2007, je me suis inscrit sur Meetic, et j’étais dégoûté de voir que le site était payant pour les hommes mais gratuit pour les filles, et qu’une fois inscrit, c’était quand même à nous de faire tout le travail. Bref, c’est de cette situation qu’a jailli la première idée de Mecs Meufs, que j’ai ensuite développée avec Robert Hospyan (qui joue Bob dans le film) et Daniel Brunet, avec qui j’ai co-réalisé le court-métrage Lose Actually.

 

Fantasticmovies: Traiter d’un sujet lourd tout en restant dans le registre de la comédie est un exercice périlleux. Comment avez-vous bravé les pièges du traitement «facile»? 

 

L.E.: Ce qui m’intéressait c’était de basculer très rapidement du rire au drame. On commence le film comme une comédie pop et sucrée, et l’idée était de tomber de manière brutale dans la violence. En plus de l’exercice de style que ça représentait (comment doser cette irruption au beau milieu de la comédie ?), c’était une manière de montrer la réalité que certaines filles risquent de vivre à tout moment. Evidemment, toutes les filles ne vont pas se faire violer dans leur vie, mais ce geste transgressif, disproportionné par rapport au reste du film, était là pour symboliser tout ce qu’elles peuvent parfois subir au quotidien : les sous-entendus graveleux, les menaces, le harcèlement sexuel qui ne dit pas son nom…


Fantasticmovies: Avez-vous vu le reportage «Femme De La Rue» de Sofie Peeters montrant le quotidien devenu normalisé du harcèlement subit par les femmes dans la rue? Votre court, sous d’autres aspects parle de la même problématique.

 

L.E.: Tout à fait. Je l’ai vu alors que j’étais en pré-production sur le film, et ça m’a conforté dans l’idée qu’il fallait concrétiser dans le film cette violence qui – heureusement – reste souvent au stade des mots.

 

Fantasticmovies:Fut-il facile de trouver des acteurs et une équipe motivés pour le film?

 

L.E.: Ayant déjà réalisé un film avec la société Affreux, Sales et Méchants, il a été facile pour nous de réunir le noyau dur de mes films précédents, avant de l’étoffer avec de nombreux techniciens qui sont venus gracieusement sur le film. On avait ni suffisamment d’argent, ni suffisamment de temps pour tourner le court-métrage (deux jours et demi de tournage seulement), il nous fallait donc beaucoup d’aide. L’équipe était pléthorique. On avait parfois l’impression de réaliser un long-métrage !

 

Fantasticmovies: Mecs Meufs est vraiment très beau à regarder et le travail du son est vraiment bien, était-ce  beaucoup de travail en post-production?

 

L.E.: Merci. Le montage image avec Jérémy Pitard a pris très longtemps, sept semaines au total, ce qui nous a permis de peaufiner le rythme. Au final, on me dit souvent que le film passe vite, ce qui est un des meilleurs compliments qu’on puisse entendre. Le montage son, qui a été effectué par Alix Breinl, a lui aussi bénéficié de plusieurs allers-retours qui nous ont permis de prendre du recul sur chaque étape. Enfin, l’étalonnage, réalisé par Thibaut Pétillon, a pris une journée et demi, une durée normale.

Fantasticmovies: Parlez-nous des effets spéciaux.

 

L.E.: A vrai dire il n’y en a quasiment aucun. Quelques morceaux de PQ numériques ont été rajoutés lors de la scène du départ de Bob vers le monde alternatif, et on a du rajouter une lame numérique sur le cutter dans la scène du viol. 

 

Fantasticmovies: Quelles sont vos influences en tant que cinéaste?

 

L.E.: J’ai toujours eu un faible pour les réalisateurs qui combinaient dans leurs films une générosité, une ouverture sur le grand public, avec une exigence artistique. Des gens comme Spielberg, Oliver Stone, James Cameron… Sinon j’apprécie aussi des auteurs plus radicaux, comme Werner Herzog, Kechiche, Alain Cavalier.

 

Fantasticmovies: Quel est le dernier film que vous avez vu qui vous a le plus marqué?

L.E.:J’ai beaucoup aimé La Vie d’Adèle justement, et sinon comme tout le monde Gravity, qui combine la patte d’un auteur, une mise en scène assumée et audacieuse, et un grand spectacle. Sinon j’attends énormément Capitaine Phillips de Paul Greengrass.

Fantasticmovies: Que pensez-vous du cinéma de genre actuel en général et dans votre pays? 

 

L.E.: Il y a clairement un problème en France où les films de genre (hormis le polar) sont souvent cantonnés à des petits budgets et des petites sorties. Il nous faudrait un énorme carton, comme le fût L’Orphelinat en Espagne par exemple, pour débloquer la situation. Mais les distributeurs le permettront-ils ?

 

Fantasticmovies:  Des projets futurs ?

L.E.:Passer au long-métrage le plus vite possible ! J’écris plusieurs projets, on verra ce qui aboutit.

 

Fantasticmovies: Merci beaucoup d’avoir répondu à cette interview.

L.E. : Merci à toi, c’est trop rare de parler de courts-métrages !

 

 

 

 

 

 

 

22/11/2013

COURT METRAGE D'ANIMATION- OPERATOR : CRITIQUE,INTERVIEW DU REALISATEUR SAM BARNETT ET LE COURT

 

 

OPERATOR

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Résumé :Bob est un opérateur travaillant pour InfoCorp. Ca tourne mal une fois que l’entreprise installe un nouveau système pour améliorer le rendement.Les machines donnent alors naissance à des créatures. Tandis que Bob se démène dans son travail, il va réaliser qu’il devra choisir entre sa vie et son job.


Réalisateur:Sam Barnett

 

Scénaristes:Sam Barnett

 

Acteur:Bob

 

Pays : Etats-Unis

 

Année : 2013

 

Durée: 7 min

 

Production: Sam Barnett

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Critique :

Operator fait partie de ces films iconoclastes mais qui ne laissent pas indifférent . 

Sam Barnett met en scène magistralement un film d’animation indépendant à la sensibilité à fleur de peau et à l’engagement féroce. 

Dénonçant les pratiques aliénantes de certaines grosses entreprises qui veulent transformer leur personnel en moutons décérébrés, Barnett nous montre par l’absurde les dérives d’un système à la logique implacable mué par une rentabilité inhumaine.

Bob, le héros du film découvrira rapidement à ses dépends que s’opposer au système lui vaudrait la mort.

L’animation à l’esthétique froide et monstrueuse est superbe. Le travail du son et de la photo impeccable. Barnett nous offre un joli spectacle émotionnellement éprouvant qui tape dans le mille.

Bref, Operator c’est de la grande animation qui amène au questionnement qui mérite visionnage.  


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Note : 19/20

 

Le court (pour vous petits chanceux)

 

Operator from Sam Barnett on Vimeo.

 

Site internet:

Barnettfilm.com

 

Interview du réalisateur et scénariste:Sam Barnett.

 

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Fantasticmovies:Pourriez-vous vous présenter en quelques mots aux lecteurs de fantasticmovies?

 

Sam Barnett:J’ai été musicien et écrivain durant une longue période avant de tomber accidentellement dans l’animation, dans laquelle je travaille depuis 8 ans. Je fait des films sur la perte de contrôle de soi ou sur la maladie mentale ou encore sur des choses normales que tout le monde fait mais que l’on aime prétendre qu’il s’agit de maladie mentale.

 

Fantasticmovies : Quel est le dernier film que vous avez vu qui vous a le plus marqué ?

 

S.B.: The Act of Killing. Dans ce film, on voit des bourreaux qui ont perpétré des tueries de masse en Indonésie, rejouer les meurtres qu’ils ont commis 50 ans plutôt en tant qu’eux-mêmes et en tant que victimes.  Ils découvrent que les atrocités qu’ils ont commises il y a 50 ans , et pour lesquelles ils ont été élevés au rang de héros étaient horribles. Soudainement, toutes les personnes qu’ils ont tuées, sont devenues réelles pour eux. L’expérience les a déchirés. Ca a changé apparemment le paysage politique en Indonésie.

 

Fantasticmovies:Pouvez-vous définir Operator en 5 mots ?

 

S.B.: Une corporation de nature parasitaire qui murit

 

Fantasticmovies : Operator est vraiment très beau à regarder, le travail du son et la musique sont vraiment bons, était-ce  beaucoup de travail en post-production ?

 

S.B.:Enorme. J’ai passé beaucoup de temps à travailler le son. Je le vois comme égal à l’image pour ce genre de film. Certains effets virtuels prennent beaucoup de temps à réaliser.

 

Fantasticmovies :Dites-nous de quoi sont faites vos poupées et quel est votre secret de la fluidité des mouvements

 

S.B.: Elles ont tous un squelette métallique à boules. J’utilise du latex moulé pour créer des formes flexibles et stables.

Il n’y a pas vraiment de secret pour la fluidité. Beaucoup de pratique. Mais DragonFrame est très pratique pour la stop motion bien que je ne l’ai pas utilisé pour ce film. J’aurais voulu l’avoir à l’époque. Apprendre à propos des arcs, de l’espace et du mouvement est très important.

Fantasticmovies :Travail=Aliénation?

 

S.B.:Il ne doit finalement pas être aliénant mais , comme dans le film, il peut l’être tellement qu’il affecte votre corps et votre esprit. Certaines organisations sont parasitaires. Elles cherchent à déstabiliser les gens pour les contrôler.

 

 

Fantasticmovies:Avez-vous une anecdote à propos du tournage à raconter?

 

S.B.:Bob a 5 différentes têtes durant le film.  Ce qui est ironique car il essaye de garder sa tête tout au long du film.

 

Fantasticmovies: Des projets futurs?

 

S.B.: J’écris un film d’horreur sur le culte de l'accession du leader au pouvoir et de  l’effondrement du mental ayant pour conséquence la destruction de l’entreprise et de ses travailleurs.

 

 

Fantasticmovies:Un mot pour la fin?

 

S.B.:J’espère que les lecteurs de fantasticmovies vont aimer le film.