04/08/2013

TO JENNIFER: CRITIQUE

 

 

TO JENNIFER

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Résumé :Joey suspecte sa petite amie, Jennifer, de le tromper. Il en est tellement convaincu qu'il sollicite l'aide de son cousin Steven pour créer un journal vidéo de sa tentative pour la prendre sur le vif et aussi  du chagrin qu'elle lui cause.  Il a l'intention de lui donner cette cassette pour la faire sentir coupable. 

 

Réalisateur: James Cullen Bressack

 

Scénaristes: James Cullen Bressack

 

Acteurs :Chuck Pappas,Jessica Cameron, James Cullen Bressack,Jody Barton,Maria Olsen,Tristan Risk,Marcus Bradford,Nella Jay,Rebecca Abraham,Jarrett Furst,Kitty Doll,Angela, Bray,Samantha Berdahl,Jason Kennedy ,Mike Blair

 

Pays :Etats-Unis

 

Année : 2013

 

 

Critique :

 

James Cullen Bressack, fait partie de ces cinéastes qui font de la guérilla cinématographique. Par passion, il balance des pellicules enragées faites avec les moyens du bord mais toujours bien produites et intelligemment fabriquées(oui car à ce niveau c’est presque du bricolage). Il se met à la marge d’un système mercantile et frileux, par choix  et aussi par nécessité. Son but premier étant de faire des films coûte que coûte.

Après avoir traumatisé son public et les senseurs avec Hate Crime (lire critique sur ce blog avec en prime une interview du réal lien ici) avec son found footage extrême, tourné avec un appareil photo, James Cullen Bressack nous envoie dans la tronche ,To Jennifer, une sorte de docufiction  moins furieux mais tout aussi barré dans sa forme. Filmé entièrement avec  un Iphone 5 (un peu de pub gratuite), nous suivons Joey et son cousin Steve partis pour une expédition punitive. 

Du cinéma du réel qui fait froid dans le dos. Saluons le travail saisissant de vérité des acteurs qui apportent à cet ofni(objet filmique non identifié) toute sa consistance. En effet,, presque naturaliste, le film ne comprend aucuns effets visuels, il repose entièrement sur le talent des comédiens mais aussi sur un montage millimétré qui fait monter une certaine tension et un côté malsain insaisissable. De plus il est doté une qualité d’image qui ferait pâlir de honte nombreux réals de foundfootage.

James Cullen Bressack est un réal prometteur. 


Bref, To Jennifer c’est du cinéma sans  concession révélant le coté sombre de l’être humain banal, un road movie dérangeant.

 

 

 

Note: 15/20

 

 

 

Bande Annonce :


 

 

Production: Psykik Junky Pictures

 

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01/08/2013

MARS ET AVRIL: CRITIQUE ET INTERVIEW DU RéALISATEUR,SCéNARISTE MARTIN VILLENEUVE

 

 

MARS ET AVRIL

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Résumé : Jacob Obus, vieux musicien charismatique, traîne une réputation de séducteur et de tombeur de femmes. Il se donne en spectacle régulièrement dans un bar et hypnotise son public grâce à des instruments uniques inspirés du corps des femmes. Ces appareils sont imaginés par son ami Arthur et construits par le père de ce dernier, un célèbre cosmologue qui a trouvé le moyen d'échapper à la mort grâce à l'une de ses inventions. Les trois hommes mènent une existence relativement paisible jusqu'à ce qu'ils rencontrent Avril, une jeune photographe imprévisible dont Jacob et Arthur tombent follement amoureux.

 

Réalisateur:Martin Villeneuve

 

Scénaristes:Martin Villeneuve

 

Acteurs : Jacques Languirand,Caroline Dhavernas,Paul Ahmarani,Robert Lepage,Jean Asselin,Stéphane Demers,Jean Marchand,Kathleen Fortin,Marcel Sabourin,André Montmorency,Gabriel Gascon,Emanuel Hoss-Desmarais,Pierre Leblanc,Richard Robitaille,Khanh Hua


Pays : Canada

 

Année : 2012

 

Durée:90 min.


 

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Critique :

Ayant fait son petit effet dans divers festivals et pour cause, il représente à la fois un défi technique de par son micro budget mais aussi un défi culturel de par sa langue employée(le français) et la localisation de son histoire (un Montréal futuriste), ce qui est une première pour un film de SF ,soulignons-le, Mars Et Avril est surprenant 

Un film à deux millions de dollars qui en paraît dix fois plus, voilà ce que nous propose Martin Villeneuve, le réalisateur. 

Nous livrant un film à la fois intimiste et spectaculaire, Villeneuve offre à son spectateur une oeuvre unique essentiellement axée sur les relations entre ses personnages et les liens qu’ils entretiennent avec le point central du film: la musique. Une musique universelle et transcendante dont la partition régit l’univers.

Esthétiquement éblouissants, les effets de Mars Et Avril bien qu’ostentatoires jouent leur rôle de catalyseur d’attention sur cette histoire d’un trio amoureux intergénérationnelle. Jacob, un vieux musicien de talent et son ami Athur, son concepteur d’instruments tombent éperdument amoureux d’une jeune photographe, Avril.

L’art élevé au rang de science sert ici de toile de fond et justifie  des sfx à l’imagerie entre le steampunk et la rêverie. La touche de Schuiten est indéniable.

Le métrage de Villeneuve est une expérience sensorielle mêlant ressenti et visuel. Un savant mélange qui hélas parfois se perd dans ses discours rhétoriques et qui souffre d’un rythme lancinant quelque peu soporifique.

Néanmoins, Mars Et Avril n’en demeure pas moins une oeuvre pionnière dans son domaine: le cinéma d’auteur sf francophone. Rien que pour ça, il mérite un accueil favorable auprès du public.

Bref, Ambitieux visuellement, Mars Et Avril est inversement proportionnel qualitativement à son budget. De l’art pelliculé que l’on aimerait voir plus souvent.

 

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Note: 16/20

 

 

Bande Annonce :


 

Production: EMA Films, Mars et Avril,Productions du 8e art


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Interview du réalisateur et scénariste Martin Villeneuve

 

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Fantasticmovies:Pourriez-vous vous présenter en quelques mots aux lecteurs de fantasticmovies?

 

Martin Villeneuve: J’ai étudié le cinéma à l’Université Concordia et le design graphique à l’Université du Québec à Montréal. En 2002, j’ai remporté la bourse de l’agence Sid Lee et j’ai ensuite travaillé durant trois ans comme directeur artistique au sein de cette agence, en particulier pour le Cirque du Soleil. À ce titre, j’ai participé à la conception des campagnes publicitaires des spectacles Zumanity, , Corteo, DELIRIUM et Saltimbanco du Cirque du Soleil. Comme auteur, j’ai créé les deux tomes du photo-roman revisité Mars et Avril (Sid Lee et la Pastèque, 2006), ainsi que la bande dessinée La voix du tonnerre (Les 400 coups, 2004). En 2012, j’ai complété mon premier long métrage en tant que scénariste, réalisateur et producteur, Mars et Avril. Ce film de science-fiction, premier du genre au Québec, met en vedette Jacques Languirand, Caroline Dhavernas, Paul Ahmarani et Robert Lepage. Le film poursuit actuellement sa tournée des festivals internationaux.

 

Fantasticmovies: Quel est le dernier film que vous avez vu qui vous a le plus marqué?

 

M.V.:J’ai bien aimé Oblivion que j’ai vu en avant-première mondiale au Brussels International Fantastic Film Festival (où Mars et Avril était présenté en compétition officielle), en avril dernier. À l’instar de Mars et Avril, ce film de Joseph Kosinski est une adaptation d’un roman graphique, réalisée par l’auteur lui-même, mais contrairement au mien il a été tourné avec un budget hollywoodien. J’ai beaucoup aimé l’approche visuelle et l’atmosphère qui, à mon sens, apportent quelque chose de nouveau, et ce même si les influences sont évidentes.

 

Fantasticmovies: Quelles sont vos influences en tant que réalisateur?

 

M.V.:Des cinéastes comme Stanley Kubrick ou Terry Gilliam m’inspirent beaucoup, mais je n’ai pas essayé de calquer mon approche sur un cinéaste établi. J’ai plutôt tenté de trouver la forme qui rendait le mieux justice au contenu. Quand on m’a demandé de quoi aurait l’air l’univers visuel de Mars et Avril, je ne me suis pas mis à parler de cinéma, mais plutôt de bande dessinée. Puis celles qui me revenaient le plus en tête, c’était la série Les Cités obscures de François Schuiten, que j’ai d’ailleurs approché comme concepteur visuel en 2007. Plutôt que de faire ‘à la manière de’, je voulais impliquer directement la source de mes influences principales dans la création.

 

Fantasticmovies: Que pensez-vous du cinéma de genre actuel en général et dans votre pays?

 

M.V.: De façon générale, je trouve que le cinéma de genre verse trop souvent dans la formule et manque d’originalité, alors que les films qui marquent l’imaginaire sont justement ceux qui prennent des risques et qui brisent les moules. Mais, que ce soit avec un gros ou un petit budget, la nouveauté ne fait jamais l’unanimité. Il y a des gens qui aiment et d’autres qui détestent, c’est un phénomène normal mais qui est souvent le signe d’un film qui va passer l’épreuve du temps et s’inscrire dans la durée.

 

Concernant le cinéma de genre au Québec, autant dire qu’il est inexistant, sinon très marginal. Les Québécois sont généralement nostalgiques, tournés vers le passé. La plupart des films qui sont produits ici sont soit des drames historiques qui se déroulent il y a longtemps, ou des drames sombres à caractère social qui se passent aujourd’hui mais où les personnages sont marqués par le passé. Moi, ce que j’avais envie de faire, c’était précisément le contraire, je souhaitais nous projeter dans le futur, et très peu de cinéastes d’ici se sont lancés dans cette voie. Bien sûr, ce phénomène s’explique aussi par nos limites budgétaires. C’est très difficile avec les budgets d’auteur qu’on a au Québec d’accéder au cinéma de genre comme la science-fiction. Pourtant, c’est le pari que j’ai pris, parce que je me suis dit que justement, il était grand temps d’en produire un premier ! Toute l’expertise est ici d’ailleurs, on l’utilise sur les grosses productions américaines, alors les artistes locaux étaient ravis de se faire approcher pour mettre leur talent au service d’une science-fiction purement québécoise. C’est certain que sept ans pour faire Mars et Avril, c’est très long, mais il faut bien comprendre que c’est un film pionnier. Il fallait inventer un processus qui n’existait pas, se doter de moyens qui souvent étaient inexistants.

 

Fantasticmovies:Comment est né le projet?

 

M.V.: Tout d’abord, Mars et Avril a été publié sous la forme de deux photo-romans nouveau genre, que j’ai créés au début de ma vingtaine. Il s’agissait de romans graphiques atypiques racontant une histoire de science-fiction à travers des images et du texte, et dans lesquels la plupart des acteurs que le film met aujourd’hui en vedette étaient déjà impliqués. Ils interprétaient leurs personnages dans ces livres de manière expérimentale, théâtrale et très simple. En fait, c’est l’un de ces acteurs, le maître du théâtre québécois Robert Lepage, qui a été le premier à évoquer la possibilité d’en faire un film. Au départ, il devait le produire mais, de fil en aiguille, c’est moi qui me suis retrouvé à le faire. Toutefois, il est demeuré impliqué comme consultant artistique, ainsi que comme acteur, car il tient un rôle principal dans le film. Et il est également impliqué à titre d’investisseur.

Fantasticmovies: Mars Et Avril est vraiment très beau à regarder et le travail du son est vraiment bien, était-ce  beaucoup de travail en post-production?

 

M.V.: Mars et Avril fut majoritairement tourné sur écran vert, en seulement 25 jours et avec un budget très serré de 2,3 millions. Le film comporte pas moins de 550 plans d’effets visuels, ce qui est énorme pour une production indépendante et aura nécessité un travail de préproduction et de postproduction colossal. L’ensemble du long métrage fut d’abord créé sous la forme d’un storyboard, puis ensuite d’une cinématique, question de le pré-visualiser avant de le tourner. Pendant un an, nous avons dessiné les 1200 plans du film à la main, puis les avons montés avec les dialogues à la manière d’un film d’animation rudimentaire. Chaque plan a donc été pensé en préproduction, afin de ne rien laisser au hasard et d’investir nos énergies et notre budget aux bons endroits. On devait se questionner au préalable pour réaliser chacun des plans de la manière la plus créative et rentable possible, et régler la majeure partie des problèmes en amont du tournage. Et comme il n’y a rien de plus abstrait pour les acteurs que des fonds verts, cette cinématique les aidait à comprendre les environnements dans lesquels ils devaient évoluer. Elle est devenue un plan de tournage extrêmement précis pour tous les départements, que ce soit au niveau visuel ou sonore. Dans un contexte où tous les créateurs impliqués doivent redoubler d’ingéniosité et composer avec très peu de moyens, il faut être rigoureusement organisé et rentabiliser au maximum le temps et les ressources. Au total, le projet aura nécessité les efforts de plus de 300 artistes, dont 60 à temps plein durant 6 mois pour les effets visuels.

 

 

Fantasticmovies:Parlez-nous des effets visuels.

 

M.V.: Tout commençait à la planche à dessin avec François Schuiten, où l’on concevait le film sur papier et où l’on passait tous les environnements en revue (il y en avait une vingtaine) : les boîtes de nuit, le Montréal futuriste, la planète Mars, etc. On questionnait tout, les couleurs, les compositions de cadre, et on s’interrogeait vraiment sur tout l’aspect visuel du film dans toutes ses composantes, ses états et ses dynamiques, pour que l’univers soit cohérent. Et surtout, on faisait beaucoup de recherche ! Étant donné que je n’avais pas le budget pour embaucher un recherchiste, j’ai moi-même joué ce rôle pendant un an et demi. C’était plutôt intéressant, comme de retourner à l’université et de travailler pour un professeur que l’on admire. Je faisais le tour des cabinets d’architectes, les concours étudiants, les bibliothèques, parce que la commande de Monsieur Schuiten était de me projeter le plus loin possible dans le passé et dans le futur, et de voir à travers tout ça ce que les urbanistes et architectes montréalais avaient imaginé. De plus, j’ai fait des milliers de photos, avec le photographe des livres d’ailleurs, Yanick Macdonald. On se promenait la nuit à Montréal pendant une période de six mois, on se donnait rendez-vous, on faisait le Vieux-Port, après on montait au sommet d’une tour pour prendre des vues aériennes, afin de créer une banque d’images. Grâce à ces photos, Monsieur Schuiten pouvait réagir, il dessinait par-dessus, il rajoutait des couches. C’était une sorte de partie de ping pong pendant quelques années, jusqu’à ce que nous ayons une vision solide, précise et cohérente au niveau des effets visuels pour chacun des environnements. Comme nous n’avions que très peu de budget pour la postproduction, la clarté de la direction artistique était une condition sine qua non pour que la firme d’effets visuels montréalaise Vision Globale embarque dans l’aventure.

 

Il fallait développer une recette qui puisse tenir la route sur les 550 plans du film. L’un des plus grands défis était en effet d’éviter les ruptures de style entre les décors réels et les environnements virtuels, puis entre les plans d’ensemble à grand déploiement et les gros plans dévoilant l’intimité des personnages. Parce que quelques éléments de décors étaient vrais mais je mets quiconque au défi de me dire ce qui était vrai ou pas. Il y a même des gens qui pensent qu’on a tourné dans la vraie Biosphère alors que c’est tout de l’imagerie de synthèse. D’autres croient que l’intérieur de l’atelier d’Arthur c’est du réel alors que c’est en grande partie du virtuel. Les artistes visuels qui ont travaillé là-dessus, ce sont des tops, des vrais pros. J’ai regroupé autour du projet la meilleure équipe possible, en commençant par le superviseur des effets visuels, Carlos Monzon. Il avait travaillé sur des superproductions hollywoodiennes comme Avatar, Star Trek et Transformers, donc il avait une énorme connaissance des effets visuels. Il a très vite compris ce que je voulais faire. En fait, le cinéma, c’est d’abord réunir les bonnes personnes au bon moment. Carlos, comme les autres membres clés de l’équipe, était stimulé par le projet. Puis, ces artistes qui gagnent bien leur vie peuvent parfois se permettre de prendre des risques sur des plus petites productions qui ne sont pas payantes comme Mars et Avril, mais qui sont des laboratoires où l’on peut tester de nouvelles techniques.

 

 

Fantasticmovies:Fut-il facile de trouver des acteurs et une équipe motivés pour le film?

 

M.V.: En fait, je n’ai pas eu à convaincre grand monde. J’avais déjà regroupé un noyau de créateurs avec les livres, qui ont bien voulu embarquer dans l’aventure du film. Cela a créé un effet boule de neige et a aidé à intéresser de grosses pointures comme François Schuiten et Benoît Charest. Donc, au niveau créatif, les gens étaient plutôt contents de se faire approcher pour un projet aussi ambitieux, et pour une première du genre au Québec. D’autant plus qu’à défaut de leur offrir des sous, je leur offrais beaucoup de temps. C’est une notion fondamentale : quand on n’a pas d’argent, il faut se donner du temps… et une certaine liberté de création. Les gens se sont pris d’affection pour le projet et ils s’y sont donnés corps et âme.

 

 

Fantasticmovies: De la SF un brun intello (au sens positif du terme) dans la langue de Molière. Pensez-vous pouvoir plaire à un large public ?

 

M.V.: À bien des égards, Mars et Avril est un hommage à la bande dessinée franco-belge des années 70 et 80. Je pense notamment à Moebius, à Jodorowsky, et bien sûr à Schuiten. Donc ce côté ‘intello’ vient de ces influences et plaira sans doute aux amateurs du genre. Concernant l’usage du français, j’ai une grande fierté d’avoir tourné Mars et Avril dans ma langue maternelle, parce que c’est un reflet de ma culture. Si je l’avais fait en anglais, ce serait un film parmi tant d’autres, alors que maintenant ça en fait le premier film de science-fiction québécois. Mais je suis conscient que le public pour ce genre de film est surtout celui des festivals, et nous en avons fait une quinzaine jusqu’à présent, ce qui est vraiment bien. Et justement, en me promenant dans les marchés et les festivals du film à travers le monde, je me rends bien compte que l’anglais m’aurait ouvert plus facilement les portes de la distribution internationale. Pour cette raison, il est fort à parier que je tournerai mon prochain film en anglais. Quant à Mars et Avril, il trace sa propre voie, aussi unique que fut son processus de création, et je crois qu’il finira par trouver son public car la vie d’un long métrage est longue. Nous venons d’ailleurs de confirmer un distributeur international pour le film, ce qui, je l’espère, permettra au plus grand nombre de gens possible de le voir.

 

Fantasticmovies: Parlez-nous de la superbe musique qui accompagne votre film.

 

M.V.:La musique est vraiment au cœur de Mars et Avril et de son intrigue, autant les instruments inspirés par le corps des femmes que les pièces musicales elles-mêmes. Il fallait donc un musicien de haute voltige. Lorsqu’est arrivé le temps de le choisir, j’avais Benoît Charest en tête, à cause des Triplettes de Belleville, où il a su inventer un langage musical unique et puissant. Il m’apparaissait être l’homme de la situation. Je l’ai approché, je lui ai montré le montage film, puis il a accepté de relever le défi ! On s’est rencontré à quelques reprises et je lui ai expliqué ce que je voulais, c’est-à-dire un jazz futuriste très métissé. La balance était vraiment délicate à trouver puisque la trame sonore ne devait être ni trop conventionnelle, ni trop étrange, afin de ne pas égarer les spectateurs. Pour Benoît, le défi était double. D’une part, les instruments de musique imaginaires, il fallait les faire parler, leur donner un langage, un son. L’autre défi, c’était la trame sonore, inspirée du modèle cosmologique de Kepler qui remonte au XVIIe siècle et que d’autres compositeurs ont revisité, comme Gustav Holst avec La Symphonie des Planètes. Donc, Benoit a dû faire beaucoup de recherche avant d’arriver à la bonne formule, on est même retourné jusqu’à la Grèce antique, où il y avait une quête scientifique derrière la musique. Il a construit sa musique de cette manière, puis quand il me l’a finalement fait entendre, elle collait aux images de façon magique !

 

Fantasticmovies: Des décors incroyables et des costumes bluffants, comment avez-vous fait avec un si petit budget ?

 

M.V.: C’est vraiment grâce à la générosité des gens que le film s’est fait. Mais on ne peut pas faire des films de cette façon, ce n’est pas un modèle que l’on peut répliquer. Les Américains pensent que j’ai fait une erreur dans le budget, que c’est 23 millions et non pas 2,3 millions. C’est vrai que la valeur du film est plus de l’ordre de 23 millions, sauf que la façon dont ça s’est fait repose sur beaucoup de temps et de générosité, il n’y a pas d’autre secret caché. C’est un ensemble de facteurs qui relèvent un peu du miracle, dans le sens où les principaux collaborateurs, à des moments clés, ont pris les bonnes décisions et y ont cru jusqu’au bout, à défaut de quoi Mars et Avril ne se serait jamais terminé. Il y a eu un alignement des planètes… qui est d’ailleurs le premier plan du film !

 

Dans un système de production à gros budget, jamais je n’aurais eu un tel contrôle créatif sur mon film, mais cette liberté vient avec un très gros prix à payer. Au niveau du financement, c’était un défi continuel, surtout qu’il a fallu refinancer le film à mi-parcours. Je me suis lancé dans la production avec seulement la moitié d’un budget déjà très, très mince, où les gens travaillaient à 25 % de leur tarif habituel. Ce refinancement fut très pénible, j’y ai presque perdu tous mes actifs personnels, parce que je n’étais pas déficitaire de quelques dollars, il fallait au minimum doubler le budget. Mais si je n’avais pas pris ce risque-là au départ, le film ne se serait jamais fait.

 

Fantasticmovies: Avez-vous une anecdote à raconter à propos du tournage?

M.V.:Dix anecdotes sont déjà relatées sur les pages IMDb et Wikipédia du film, mais en exclusivité pour fantasticmovies, en voici cinq autres :

 

  • Jacques Languirand, qui était à la veille de ses 80 ans au moment du tournage, portait une oreillette sans fil de sorte que sa femme, Nicole Dumais, puisse lui souffler ses répliques.
  • La correspondance graphique entre l’instrument de musique et la topographie martienne, telle qu’expliquée par Eugène Spaak durant sa conférence, est une véritable découverte effectuée par Martin Villeneuve au moment de l’écriture de ses livres.
  • Le module spatial qui entre dans l’atmosphère martienne a été modelé d’après le microphone en forme d’obus que l’on peut voir sur la scène du Pub liquide.
  • « L’anguille sous roche » commandée par Jacob Obus à bord de l’Orient Express était une fausse anguille de latex. Toutefois, croyant que celle-ci était réelle, l’accessoiriste de plateau l’avait placée dans une glacière en prévision du tournage de la scène.
  • La scène où Jacob et Arthur partent pour la planète Mars est inspirée par l’un des souvenirs d’enfance de Martin Villeneuve : quand il avait 4 ou 5 ans, ses frères aînés l’ont mis dans une boîte et lui ont fait croire qu’il faisait un voyage spatial à destination de Mars.

 


Fantasticmovies: Croyez-vous que dans le futur on pourra voir de plus en plus de films de genre atypiques, produits de façon indépendante ?

M.V.:Je l’espère ! Il faut de toute façon cultiver cet équilibre entre l’indépendant et le commercial, car c’est de cette manière qu’on continue de progresser en cinéma. On est dans une société qui ne pense qu’à court terme, qui croit au succès instantané et à la rentabilité immédiate. Alors qu’habituellement en cinéma, ce sont des carrières qui se construisent. À un film expérimental qui essaie de nouvelles voies va peut-être succéder un succès commercial. La plupart des cinéastes qui sont bien établis viennent d’ailleurs de l’indépendant, où ils ont fait leurs premières armes. Puis souvent, les films indépendants font des percées qui sont récupérées par des superproductions américaines. Et parfois, c’est l’inverse, ce sont des percées technologiques dans des films comme Tintin par exemple, qui permettent ensuite à des films plus expérimentaux de faire du ‘motion capture’ avec des technologies devenues plus accessibles. Il ne faut pas envisager un film comme un objet fini, mais plutôt comme une succession d’événements qui en entraînent d’autres.

Fantasticmovies: Des projets futurs?

M.V.: Entre autres, je suis en train d’écrire un long métrage d’animation avec François Schuiten qui avait commencé à rédiger une histoire avec son collègue Benoît Sokal, un autre monstre sacré de la bande dessinée européenne. Ce sont des héros de mon enfance, alors c’est très agréable de pouvoir collaborer avec eux. C’est un projet ambitieux qui s’intitule Aquarica. C’est un très bel univers, à la fois étrange et mystérieux, mais c’est un film qui nécessitera un budget assez important si on arrive à le faire. Autrement, j’aimerais écrire un autre scénario plus personnel, dont l’action serait assez simple et qui ne coûterait pas trop cher à produire. En fait, je ne suis pas arrêté à un genre particulier, mais c’est certain que la science-fiction est un sujet qui va toujours m’intéresser, ne serait-ce que pour tous les défis que ça représente d’avoir à inventer quelque chose qu’on n’a pas encore vu. Et la bande dessinée est un lieu d’utopie et de rêve très fertile. C’est intéressant de pouvoir travailler avec des gens qui maîtrisent cet art-là parfaitement et qui peuvent ensuite amener leur savoir dans un autre média qui est le cinéma.

 

Fantasticmovies: Un mot pour la fin ?

M.V.: Faites confiance à votre instinct, croyez en vos idées aussi longtemps que nécessaire, et ne laissez personne vous dire qu’un projet auquel vous aspirez est impossible ! Permettez-moi en terminant de vous inviter à écouter ma conférence TED (Technology, Entertainment & Design), prononcée en février 2013 et déjà vue plus de 300 000 fois sur TED.com ! Je fus le tout premier Québécois invité à prendre la parole lors de cet événement prestigieux tenu à Long Beach en Californie : http://on.ted.com/Villeneuve

Voyez également ce très bel article sur le blogue officiel de TED : http://wp.me/p10512-jZN

Et voici le lien pour visiter la page Facebook du film : https://www.facebook.com/MarsEtAvril 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


27/07/2013

ALTER EGOS: CRITIQUE ET INTERVIEW DU REALISATEUR ,JORDAN GALLAND

 

 

ALTER EGOS

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Résumé :À une époque où les super-héros ont perdu le financement du gouvernement et l'appui du public, un super-héros rencontre une fille qui peut l’ aider à surmonter sa propre crise existentielle.

 

Réalisateur:Jordan Galland

 

Scénaristes:Jordan Galland

 

Acteurs : Kris Lemche,Brooke Nevin,Joey Kern,Danny Masterson,John Ventimiglia,Christine Evangelista,Geneva Carr,Marina Squerciati,Carlos Velazquez,Daniel Sauli,Sean Lennon,Kristina Klebe,Adam LeFevre,Nathan Harlan,Aurelie Claudel 

 

Pays :Etats-Unis

 

 

Année : 2012

 

Durée:80 min.


 

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Critique :

Basé sur des situations farfelues(de par leurs encrages  dans la réalité) agrémentées par des dialogues finement écrits justes et drôles sans oublier le coté intrinsèquement humain des personnage magnifié ici par la dualité identitaire que représente un super héros (monsieur tout le monde à la ville et surhomme en costume) Alter Egos surprend dans le bon sens du terme. C’est en jouant sur l’humanité de ses héros que Jordan Galland,le réal,  arrive à insuffler à son film un côté surréaliste tout en étant complètement plausible. Son héros ,Fridge, est torturé par ses deux personnalités en en devenant presque schizophrène, pensant que sa petite amie préfère coucher avec son identité secrète plutôt qu’avec lui-même. 

Des questionnements que se posent le personnage superhéroique et en discute avec son meilleur pote (un autre super héros) autour d’un café dans un resto en costume. Un humour pince sans rire qui fait penser à la série culte Seinfeld. 

Vidés de leur rôle, les super héros ne sont en fait que des humains avec des pouvoirs; Humains rejetés par les gens «normaux». Parias d’une société qui ne veut plus d’eux. Jordan Galland nous livre une BD dans un contexte réel en quelques sortes. La façon dons les personnages sont traités fait fortement penser au cinema de Woody Allen, influence première du réalisateur new-yorkais. Des scènes absurdes traitées avec sérieux. Du grand art. 

Aidé par un casting excellent, le film gagne en qualité et ce malgré un budget quasi inexistant. Bien emballé techniquement, Alter Egos captive par son professionnalisme. Tant le son que l’image ont été travaillés avec précision. Ajoutons une musique bien sentie et vous obtenez un excellent film.   

 

Bref:Alter Egos est un métrage fin et intelligent qui joue avec les codes du genre. Un drame comique à voir. 

 

 

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Note: 16/20

 

 

 

Bande Annonce :

 

 

 

 

 

Production: Attic Light Films, Cloud 9 Films Partners 

 

Sites Internet:

https://www.facebook.com/alteregosmovie

 

http://alteregosmovie.com/

 

 

 

Interview du réalisateur et scénariste: Jordan Galland

 

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Fantasticmovies:Pourriez-vous vous présenter en quelques mots aux lecteurs de fantasticmovies?

 

Jordan Galland: J’ai grandi à New York où j’ai fait des études de cinéma et de musique à la N.Y.U. J’ai continué à travailler dans les deux univers après mon diplôme en jouant à temps plein dans deux groupes (Dopo Yume et Domino), en collaborant avec d’autres musiciens comme Mark Ronson et Sean Lennon et aussi en écrivant des scénarios et en réalisant des courts-métrages. En 2007, j’ai décidé de me concentrer sur la réalisation, j’ai arrêté les concerts. J’ai réalisé mon premier film: Rosencrantz And Guildenstern Are Undead et quitté mon groupe tout en continuant à faire de la musique en studio  et en composant de la musique de film pour les autres. C’est toujours où j’en suis aujourd’hui. Je fais des films mais je continue à faire de la musique pour d’autres projets.

 

 

Fantasticmovies: Quel est le dernier film que vous avez vu qui vous a le plus marqué?

 

J.G.: Je viens de voir Byzantium de Neil Jordan et je suis étonné de sa parenté avec son film précédent Mona Lisa. Je suis étonné aussi de la manière classique mais fraiche dont il aborde le film de vampire, plus à la  The Hunger qu’à la Interview With A Vampire.

 

Fantasticmovies:Quelles sont vos influences en tant que cinéaste? 

 

J.G.: J’ai grandi en aimant tellement de films et de réalisateurs populaires qui ont influencés tout le monde à l’instar des Beatles, Rolling Stones et Led Zeppelin pour la musique.

Orange Mécanique et Shining de Kubric,La Dolce Vita de Fellini, Rosemary’Baby de Polanski, Le Parrain de Coppola, Les Affranchis de Scorsese, Blue Velvet de Lynch. Bien sûr ces réalisateurs ont réalisés d’autres superbes films.J'ai aussi un énorme penchant pour de nombreux films de Tim Burton, Ridley Scott, Tony Scott, Jim Jarmusch, Park Chan-Wook, Wes Anderson, Tarantino, Truffaut, Jim Henson. La liste est longue et j’adore m’étendre sur le sujet. The Hunger et True Romance de Tony Scott font partie de mes films favoris. Basic Instinct est aussi un film que je peux revoir sans fin. Mon réalisateur actuel préféré est Nicholas Winding Refn. Mais ma première influence, celle qui m’a poussé à écrire est Woody Allen.Les films que Gordon Willis a tournés pour lui sont mes préférés, un mélange rare de cinématographie étonnante et de narration perspicace et brillante.

 

Fantasticmovies: Que pensez-vous du cinéma de genre actuel en général et dans votre pays?

 

J.G.: Je me sents dépassé la plupart du temps par celui-ci.D’un côté, je me dis: «Qu’est-ce que j’aurais aimé voir ses effets spéciaux quand j’étais petit». De l’autre je me dis: «Heureusement que je n’ai grandi avant ces effets spéciaux» car je n’aurais pas tant apprécié la lecture de livres et de comics. J’ai passé beaucoup de temps à m’imaginer ce que je lisait dans les livres, et ce qu’ils donneraient dans la vrai vie. Les films de notre époque montrent quasiment tout et transportent le public dans une montagne russe 3D conduite par des monstres en CGI. Bien sûr c’est marrant, mais après vision,on n’a plus à s’imaginer grand chose. Je m’inquiète du fait que notre imaginaire se restreint. 

 

J’aime les films qui ont des effets  graphiques faits avec goût, et distillés parcimonieusement sans altérer la narration comme dans Let The Right One In. Je pense de même pour les comédies, je ne veux pas de blagues ou de CGI qui nuisent à l’histoire et je serais énervé que le film prenne la tangente pour un rire ou un effet racoleur.

 

Fantasticmovies:Comment écrivez-vous un scripte? Quelle est votre manière de travailler?

 

J.G.:J’ai écrit un synopsis de 20 pages puis j’ai fait une cinquantaine de brouillons de l’histoire jusqu’à ce qu’elle soit solide. J’ai ensuite écrit le scénario. Il m’a fallu une cinquantaine d’essais, j’y ai inclus les indications d’amis, de producteurs et d’écrivains.

 

Fantasticmovies:Comment est né le projet?

 

J.G.: J’avais besoin de trouver un moyen pour faire un film pas cher. J’ai écrit un tas de gros budget qui ont fait le tour d’Hollywood, passant de producteurs en producteurs mais qui sont restés au point mort. Voilà pourquoi j’ai tout fait à l’envers, j’ai d’abord trouvé les lieux de tournage (une station de vacance rétro hors saison), puis les acteurs (des gens avec qui j’ai travaillé sur Rosencrantz), après je me suis occupé des effets spéciaux ( Gari Breslin m’a dit ce qui serait faisable avec un petit budget) alors j’ai décidé : « Ce serait cool que ce soit des super héros.».Puis, j’ai écris un scénario à la Reservoir Dogs avec des super héros. Au final, il est moins violent et s’apparente plus à un Clerks avec des super héros

 

Fantasticmovies: Alter Egos est vraiment très beau à regarder et le travail du son est vraiment bien, était-ce  beaucoup de travail en post-production?

 

J.G.: Merci! C’était un travail énorme. La post-production a duré 9 mois. J’ai monté le film pendant trois mois, puis j’ai travaillé avec Sean Lennon sur la musique, puis envoyé certaines compositions de Sean à Patrick Soluri pour les arranger et les lier à des scènes. Pendant que je travaillais avec Patrick, je travaillais avec Gary Breslin sur les CGI. Il a fait toutes les CGI compliqués comprenant les effets des pouvoirs de glacés de Fridge pendant que moi je m’occupais de tous les inserts TV et news du film. J’ai aussi, simultanément fait le sound design moi-même. Trois jours de nettoyage de dialogues, puis rajouts de bruits de pas, de bruissements de vêtements, ainsi que les sons des super pouvoirs qui étaient rigolos à réaliser.Puis Matthew Polis a tout mixé à Soundspace.


Fantasticmovies:Parlez-nous des effets spéciaux.

 

J.G.: Mon approche pour des effets spéciaux est liée avec le style des super-héros eux-mêmes. J'ai voulu que vous ayez le sentiment d’entrer dans une bande dessinée, mais que celle-ci soit réelle et que l’environnement soit naturel. Les costumes sont brillants, moulants et pas modernes à l’inverse de ceux de Batman de Christopher Nolan et des films Marvel . Dans cet esprit, j'ai senti que, puisque le costume de Fridge est bleu et  le bleu est souvent la couleur du froid,  le faisceau de glace qu'il tire de sa main doit être bleu lui aussi. Avec le pouvoir d'invisibilité de Danny Masterson, il était simple de le faire apparaitre et disparaitre mais ça ajoutais un plus aux plans si la caméra était tenue à l’épaule.Je voulais aussi pour le film un look «caméra à l’épaule», cela ferait plus réaliste  qui contrasterait avec la musique épique, le thème des super héros et ce qu'ils vivent.

 

Fantasticmovies:Parlez-nous de votre collaboration avec Sean Lennon.

 

J.G.: Sur Rosencrantz and Guildenstren are Undead, Sean a fait le score pendant que je montais le film. Il a fait les titres issus des références que je lui ai données qui allaient bien avec le montage.J'en suis fier, mais ce n'était pas la meilleure façon de travailler, plus tard, quand j'ai voulu apporter des modifications au montage juste avant sa première au Slamdance, il y n'avait aucune marge de manœuvre avec la musique. Nous avons fait en sorte que ça marche, mais je ne voulais pas répéter les mêmes erreurs. Avec Alter Egos, nous avons commencé de la même manière, avec une approche qui était plus inspirée de la musique  excentrique de Napoleon Dynamite avec  un peu de style «espionnage italien» tout en étant liée à l'histoire.Alors quand Sean et moi nous sommes vus, nous avons travaillé pendant quatre jours dans une direction totalement différente. Nous n’avons pas dormi, bu du redbull et Sean a composé dix-sept nouvelles chansons. Chacune composée avec l'intention de soutenir les émotions qui apparaissaient dans les scènes. Nous avons eu beaucoup d'influences, d’ Angelo Badalamenti  à Danny Elfman  en passant par le surf rock et le disco. Sean et moi avons toujours travaillé de cette façon, lorsque nous avons collaboré dans le passé, mélangions les genres et nous inspirions de diverses références.La chanson « Mon hero» a été l’idée de Sean. J'ai couru avec elle et ai passé quelques jours à bricoler les paroles.

 

Fantasticmovies: Dans votre film, les super ont des problèmes humains, comment pourriez vous définir un super héros dans notre société moderne?

 

J.G.: J’ai observé une tendance dans les films de super héros qui montre des gens normaux devenir des super comme dans Kick Ass, Defendor et Super.Quand les super héros sont mutants, comme dans X-Men, ils ne montrent pas vraiment leur côté humain. Ils le font mais toujours dans un contexte de film d’action. Je voulais explorer l’intimité profonde de ces célébrités colorées. C'est plus proche de la série Robot Chicken quand ils montrent la Ligue des Justiciers organisant une fête d'anniversaire ou discutant sur une livraison de pizza que Kick Ass. Mais pour répondre à votre question, je pense que les super-héros dans notre société, comme les politiciens et les stars de cinéma, sont écorchés, pleins de secrets et de désespoir, comme le reste d'entre nous, et probablement plus tentés par le côté obscur, à cause du pouvoir qu'ils ont dans notre société.

 

Fantasticmovies:Fut-il facile de trouver des acteurs et une équipe motivés pour le film?

 

J.G.: Je ne veux pas dire «facile» parce que leur travail n'est pas facile du tout.Et je me sens chanceux de travailler avec des acteurs de talent.J'ai rencontré la plupart d'entre eux lors de mon premier film.J'ai donc écrit des parties pour eux, en espérant qu'ils diraient oui.Brooke Nevin était le seul acteur que je ne connaissais pas et il a dû passer une audition.Le DP - Chris Levasseur -a également tourné mon premier film.Il y avait donc beaucoup de familiarité sur le plateau, ce qui était super.Je n'avais travaillé avec aucuns des membres de l'équipe avant, et c'était vraiment difficile de convaincre les gens de talent de travailler pour très peu dans des lieux exigus et des circonstances inconfortables.

Trois personnes partageaient un lit, ce genre de chose. Seize heures de travail par jour. Très épuisant.

 

Fantasticmovies: Que pouvez-vous nous dire à propos des conditions de tournage?

 

J.G.:Il gelait au début, et il a fait super chaud à la fin.C'était une période de trois semaines du printemps durant laquelle vous ne savez pas quel temps il va faire. Les super-héros crevaient de froid les deux premières semaines de tournage à l'extérieur.Et nous n'avons pas eu beaucoup de temps, nous avons donc travaillé aussi vite que possible.Toutes les scènes de dialogue ont été tournées en 12 jours, et les flashbacks,la semaine suivante.

 

Fantasticmovies: Avez-vous une anecdote à propos du tournage?

J.G.:Moondog joué par Carlos Velazquez, qui est aussi mon partenaire de production sur le film,quand il s'est présenté sur le plateau dans son costume, après être passé par la coiffure et le maquillage, personne ne l'a reconnu.Les gens avec qui il avait travaillé durant des jours venaient se présenter.Je suis toujours surpris quand ce genre de chose arrive, parce que je ne m' y attendais pas.Pour moi, il ressemblait à Carlo avec une perruque et des lunettes de soleil.L'ironie fait que  c'était un film de super-héros dans lequel vous vous attendez qu’ un personnage comme Claudel réalise plus tôt que Brendan est Fridge, mais elle ne percute pas.Et nous voyons que ce genre de chose peu se produire en vrai.

 

Fantasticmovies: Parlez-nous du budget d’Alter Egos.

J.G.: Le budget était très limité.La plupart des mariages et des fêtes de promotion coûtent plus cher.Mais j'avais écrit le scénario avec cela à l'esprit.

Fantasticmovies: Pouvons-nous espérer une sortie du film en Europe?

J.G.:Il va sortir le 15 Juillet au Royaume-Uni, et puis dans d’autres marchés étrangers plus tard dans l'année

Fantasticmovies: Des projets futurs?

J.G.:J'ai un certain nombre de scriptes en sur le feu. L'un d’eux est mon propre point de vue sur un film de possession qui commence là où la plupart se terminent.Il s'agit d'une jeune fille qui se remet d’une possession démoniaque.Et je veux que ce soit un retour au genre «film d’horreur avec Mia Farrow» comme Rosemary’s Baby ou The Haunting.Et l'autre est plus un thriller psychologique.J'ai été très inspirée par l'idée de combiner Psychose et Misery. Un Misery à l’envers où l'écrivain prend en otage les fans.