25/10/2013

22:22 CRITIQUE ET INTERVIEW DU REALISATEUR JULIEN BECKER

 

 

 

 

 

22:22

 

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Résumé :Il est 22h22, Franck se réveille à son bureau. Après avoir repris ses esprits il met son manteau et quitte l’open space de la société. Il prend l’ascenseur, mais quand les portes de celui-ci s’ouvrent il est toujours au même étage. Il tente de descendre par les escaliers... Il est 22h22.

 

Réalisateur:Julien Becker

 

Scénariste:Julien Becker

 

Acteur: Hervé Sogne

 

Pays :Luxembourg

 

Année : 2013

 

Durée: 19 min

 

Production: Skill Lab


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Critique :

 

L’adage : le travail c’est la santé, à d’autres. Surtout quand on travaille dans des bureaux coupés du monde telle une abeille dans sa cellule. Le travail c’est l’aliénation. C’est en tout cas ce que nous montre 22:22 qui voit son personnage principal qui s’est assoupi dans son open space et qui se trouve incapable de quitter son entreprise. Pas d'ascenseur et les escaliers mènent inlassablement au même étage tels ceux de Roger Penrose. Le temps semble arrêté. Les horloges  indiquent 22h22, d’où le titre. Ecrit et réalisé par Julien Becker, le court monte graduellement en puissance nous proposant une descente aux enfers (sans descente) qui manie habilement les codes spatio-temporels. Un exercice de style d’autant plus difficile qu’il s’agit ici d’un huis-clos à un personnage et sans dialogues (ou presque).

Techniquement sublime, le film en jette plein la vue au spectateur. L’atmosphère travaillée et l’environnement crédible apporte au court une force presque hypnotique. 

Sa beauté froide permet au personnage principal de se révéler pleinement.


Bref, 22:22 est une belle petite réussite spectaculaire, ambitieuse et imaginative.

 

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Note : 18/20

 

 

 

Bande-annonce :

22:22 - bande annonce - trailer from Skill Lab on Vimeo.

 

 

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Interview du réalisateur et scénariste:Julien Becker

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Fantasticmovies:Pourriez-vous vous présenter en quelques mots aux lecteurs de fantasticmovies?

 

Julian Becker :Je suis français né au Luxembourg. J'y ai vécu jusqu'au bac, ensuite j'ai fait une école de photographie à Levallois-Perret à deux pas de Paris. Après mes études je me suis installé en Moselle et je suis devenu ce qu'on appelle un frontalier. J'ai travaillé en tant que photographe indépendant, mais aussi comme caméraman et monteur pour des chaînes de télévision au Luxembourg. En parallèle avec quatre amis nous réalisions des projets audiovisuels en tant que collectif. C'est à ce moment que Skill Lab est né avec une forte envie de faire du cinéma. En 2010 je me suis associé avec Gwenael François et nous avons transformé le collectif en société de production. Nos trois autres compagnons travaillent régulièrement avec nous sur certains projets. Nous sommes très actifs dans le milieu de la pub, mais la fiction fait depuis le début clairement partie de nos ambitions. 22:22 est notre premier projet en ce sens.

 

Fantasticmovies: Quel est le dernier film que vous avez vu qui vous a le plus marqué?

J.B. : J'avoue que j'ai dû réfléchir un moment avant de répondre. J'ai vu beaucoup de films qui m'ont beaucoup plu, mais très peu m'ont marqué. Inception m'a quand même mis une claque, j'ai pris un plaisir énorme en regardant ce film.


Fantasticmovies: Quelles sont vos influences en tant que cinéaste?

J.B.: Je suis amoureux du cinéma, mais je suis loin d'être un spécialiste. J'ai une culture plutôt populaire. Cependant j'admire le travail de David Fincher, Alex Proyas, Darren Aronofsky, Night Shyamalan, Christopher Nolan ou encore Ridley Scott. J'ai une forte préférence pour le cinéma fantastique et de science fiction. Je peux apprécier le cinéma d'auteur, mais j'aime quand un film me fait rêver, m'amène là où je ne peux pas aller.

 

Fantasticmovies: Que pensez-vous du cinéma de genre actuel en général et dans votre pays?

 

J.B.: C'est claire que le cinéma de genre n'est malheureusement pas une priorité pour les producteurs. C'est dommage qu'en France les films de genre ne soient pas plus soutenus. On a l'impression que si le film n'est pas social ou comique il ne peut pas trouver de financement. Peut-être que les gros succès SF américains de 2012-2013 débloqueront les choses. Il existe bien sûr des passionnés qui font tout pour développer le cinéma de genre. Pour ce qui est du Luxembourg le pays est très petit, il compte moins de 500.000 habitants, il n'est donc pas étonnant que le cinéma de genre y soit très peu représenté. J'avoue qu'avec Skill Lab on espère pouvoir changer la donne un minimum. 

 

Fantasticmovies:Comment est né le projet?

 

J.B.: La première version du projet remonte à 2010, voir 2009, en fait à l'époque du collectif. On avait envie de faire un court-métrage tous ensemble mais sans argent. J'ai donc imaginé une histoire avec un personnage et un lieu de tournage. Le soucis avec notre collectif s'est que tout allait lentement. On avançait sur nos projets que quand tout le monde était disponible. C'est en partie ce qui nous a motivé Gwen et moi à créer la société à deux. A un moment on s'est retrouvé avec une société de production et projet de court-métrage dans les cartons. Disposant d'une structure légale, on a décidé qu'il serait dommage de le réaliser en se passant d'un financement potentiel. En 2011 on a déposé le projet au Film Fund Luxembourg, comparable au CNC en France. Le scénario à l'époque était clairement moins bon et le Film Fund nous a soutenu dans ce sens en nous accordons une aide à l'écriture afin de retravailler 22:22. En 2012 ils nous ont accordé une aide à la production et le tournage s'est concrétisé fin septembre 2012.

 

Fantasticmovies: 22:22 est vraiment très beau à regarder et le travail du son est vraiment bien, était-ce  beaucoup de travail en post-production?

 

J.B.:Merci ça fait plaisir ! En tant que photographe et directeur photo l'esthétique et la lumière sont pour moi presque aussi importantes que le scénario. J'admire les gens qui arrivent à faire de grands films en négligeant l'esthétique volontairement, ou pas d'ailleurs, mais pour mes projets ça me semble inconcevable, même s'il est vrai qu'un beau film n'est pas un bon film. Helder Loureiro Alves da Silva, membre du collectif depuis le début et directeur photo sur le film, a très vite compris le style de lumière et d'ambiance que je recherchais. La lumière est en fait très proche de celle que j'utilise dans mes photos. Carlo Thiel, qui est un directeur photo d'expérience et respecté au Luxembourg, a cadré le film. Grâce au storyboard réalisé par Grégory Lê et aux repérages la construction des plans était déjà bien établie avant le tournage. Au niveau de l'image l'étalonnage a bien sûr permis d'apporter la touche finale, mais la base était déjà, à mon sens, excellente. Le son est toujours important, mais c'est encore plus vrai pour une histoire comme celle de 22:22. Il n'y a que très peu de dialogue et le travail que Greg Vittore a réalisé en post-production a sublimé l'image. Franz Kirmann qui a composé la musique du film s'est adapté à l'univers du film en soulignant la situation bizarre et angoissante que vit le personnage du film. J'ai vraiment eu la chance de travailler avec des personnes douées et qui ont compris ce que je voulais réaliser.

 

Fantasticmovies: Parlez-nous des effets spéciaux.

 

J.B.:Les effets spéciaux ont été gérés à 90% par Jean Huot. La profondeur de la cage de l'escalier a été un peu renforcée. Quand Franck lance une chaise vers une fenêtre, un grand filet était tendu devant celle-ci afin d'éviter la casse. Il y a aussi les écrans de surveillance qui étaient vide lors du tournage. Tomas Muller, artiste tchèque, a créé le matte-painting de la vue extérieure. Dans l'ensemble je trouve que les effets spéciaux sont quasi-invisibles, donc réussis. 

 

Fantasticmovies: Le travail rend-il fou?

 

J.B.: Je pense plutôt que certains métiers peuvent rendre fou. La course à la performance au détriment de la vie personnelle est une tendance malheureuse. Le travail peut épanouir, il est important pour l'équilibre de la personne. Mais on devrait vraiment travailler pour vivre et non l'inverse.  

 

Fantasticmovies:Généralement quand on aborde au cinéma le continuum espace/temps, on marche sur des oeufs. Fut-il facile d’éviter les pièges de ce genre de film?

 

J.B.:Ils sont inévitables. J'y ai beaucoup réfléchi, mais il y aura toujours quelqu'un qui dans sa réflexion prendra une autre direction que vous et ne sera donc pas d'accord avec votre analyse. Même si 22:22 est construit sur un concept et une mécanique bien définis, le récit est lui assez ouvert. Je n'ai volontairement pas voulu prendre le spectateur par la main tout au long du film. Je lui propose plusieurs voies, à lui de choisir celle qui lui plaît. Certaines personnes ont vu dans mon film des choses complément différentes de ce que j'ai imaginé. J'aime assez parce que ça provoque la discussion, les gens peuvent exposer leur version du film et en débattre.

 

Fantasticmovies:Fut-il facile de trouver des acteurs et une équipe motivés pour le film?

 

J.B.: Les anciens du collectif étaient embarqués d'office dans le projet. Ensuite j'ai contacté et rencontré quelques techniciens avec pas mal d'expérience. Mais c'est surtout à partir du moment où Solveig Harper, notre directrice de production, est entrée en jeu que tout s'est accéléré. Skill Lab était complètement inconnue dans l'industrie du cinéma luxembourgeois. Solveig Harper dispose d'une sérieuse réputation et les techniciens qu'elle contactait pour 22:22 savaient qu'ils pouvaient lui faire confiance. Elle a donc grandement faciliter les choses et nous a permis de rassembler une excellente équipe. Le Luxembourg est certes un petit pays, mais les techniciens y sont très compétents. Beaucoup de grosses co-productions sont tournées au Luxembourg et les techniciens travaillent régulièrement avec de grands noms. Leurs CVs sont souvent impressionnants. 

 

Fantasticmovies: Avez-vous une anecdote à raconter à propos du tournage?

 

J.B.:Pour l'une des scènes nous avons utilisé un mannequin et avant de tourner celui-ci est passé au maquillage. Il était donc installé sur la chaise de maquillage habillé d'un costume noir. Le maquillage était installé juste à côté de l'endroit où on allait prendre notre repas. Lorsque je suis passé à côté de lui j'ai d'abord cru qu'il s'agissait d'une personne. Nous avons tous été bluffés et dérangés par le réalisme du mannequin et de son air de famille avec Hervé Sogne (l'acteur principal du film). Il faisait penser à un cadavre et c'était très bizarre de prendre notre repas à côté de lui.

La scène où Franck pète les plombs a failli interrompre tournage. Hervé Sogne est un excellent acteur et il fait les choses à fond. Lors d'une prise il y est allé tellement fort qu'il a mis un grand coup de pieds dans le bureau. Il s'est fait très mal sur le moment mais il a continuait à jouer la scène jusqu'au bout.

Le lendemain il boitait encore un peu, mais on a pu continuer.

 

Fantasticmovies:Parlez-nous du budget d’A Tout Prix. 

 

J.B.:Le budget du film était de 120.000€. Le système d'aide luxembourgeois nous a donc permis de travailler dans de bonnes conditions. Si la somme est importante elle implique que tout le monde soit payé aussi bien les comédiens que l'équipe, le matériel ou encore les lieux de tournage. Ce qui est naturellement une bonne chose. On travaille dans des conditions similaires à celles d'un long métrage, mais à plus petite échelle; tournage plus court, budgets et cachets plus petits. 

Fantasticmovies:  Des projets futurs ?

J.B.:J'ai actuellement un synopsis et je compte travailler sur le scénario avec Jonathan Becker dans les mois qui viennent. Il était premier assistant sur 22:22, mais c'est également un très bon scénariste. Avant de réaliser ce projet Gwen, mon associé, va lui aussi lancer l'écriture de son premier court. Pour le coup je serai dans le rôle du producteur.

Fantasticmovies: Un mot pour la fin?

J.B.:Un grand merci d'avoir pris le temps de voir et critiquer 22:22 et pour ces questions. Encore un petit mot concernant le film, nous avons une application iOs et Android gratuite qui fait office de "DVD bonus". D'ici quelques semaines nous allons sortir une version payante qui permettra de voir le film. Il faut chercher 22h22, n'hésitez pas à télécharger !

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

24/10/2013

HONEYMOON SUITE:CRITIQUE ET INTERVIEW DU REALISATEUR ZAO WANG

 

 

 

 

Honeymoon

 

SUITe


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Résumé :Le manager d’un hôtel de luxe à Pékin doit «apprivoiser» un client américain qui n’est pas ce qu’il semble être.

 

Réalisateur:Zao Wang

 

Scénaristes:Zao Wang,Tom Toro

 

Acteurs :Nadia Hatta,Sam Hum Xue Qin,Cary Woodworth,Hanhong Zou

 

Pays :Chine

 

 

Année : 2013

 

Durée: 14 min

 

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Critique :

 

Quand le mythe de la lycantropie rencontre celui de La Belle Et La Bête dans un complexe hôtelier occidentalisé au cœur de Shanghai (Chine), ça donne Honeymoon Suite,  le court mis en boîte majestueusement par Zao Wang.

Jouant avec le contrechamp, la lumière, les plans subjectifs, le hors champ, Wang fait preuve d’idées ingénieuses pour pallier à son petit budget.

 Cette œuvre commandée par l’hôtel où se déroule l’action met en scène un client du lieu, qui a l’habitude de louer la même chambre tous les soirs de pleine lune. Une nouvelle femme de chambre doit s’occuper de son cas. Celle-ci intriguée découvrira l’homme derrière la bête.

A  fois poétique et monstrueux, ce court techniquement superbe et intelligent permet aux deux acteurs principaux de révéler leurs talents respectifs et nous offre une nouvelle vision du loup garou  bouleversante, amusante et décapante. 

Bref, Honeymoon Suite, c’est du grand art à l’échelle du petit. Vivement que le réal se mette aux longs.


 

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Note : 17/20

 

 

 

Bande-annonce :

 

 

Honeymoon Suite Trailer from Zao Wang on Vimeo.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Interview du réalisateur et scénariste:Zao Wang

 

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Fantasticmovies:Pourriez-vous vous présenter en quelques mots aux lecteurs de fantasticmovies?

 

Zao Wang:Salut, je m’appelle Zao Wang, je suis un réalisateur qui est né et a grandi à Pékin. Je vis aux Etats-Unis depuis que j’ai 14 ans. J’ai toujours voulu faire des films. Je suis diplomé de l’université de New York en cinema. J’ai réalisé des courts,des pubs et des documentaires en Chine et aux Etats-Unis.

 

Fantasticmovies : Quel est le dernier film que vous avez vu qui vous a le plus marqué ?

 

Z.W.: Cette année, j’ai fait beaucoup de festivals et j’ai eu la chance de voir de nombreux beaux films du monde entier. Ils étaient tous mémorables et impressionnants dans leurs genres respectifs. Si j’en ai à choisir un, ce serait All Is Lost de J.C. Chandor avec Robert Redford. Le film comporte peut-être 4 lignes de dialogue, avec un seul personnage luttant pour sa survie dans son bateau. Il y a eu de nombreux films sur ce sujet comme Life Of Pi et Castaway par exemples. Mais celui-ci paraît particulièrement réel et est plus intense. En fait, comme le film est pratiquement silencieux, j’ai pu entendre mes pensées hurler en moi-même. C’est ça le pouvoir du cinéma. Il crée une connexion avec le spectateur et l’emmène vers une expérience immersive liée aux situations et aux personnages.

 

Fantasticmovies:Pouvez-vous définir Honeymoon Suite en 5 mots ?

 

Z.W.: Un monstre avec un coeur 

 

Fantasticmovies : Honeymoon Suite est vraiment très beau à regarder et le travail du son est vraiment bien, était-ce  beaucoup de travail en post-production ?

 

Z.W.: J’ai beaucoup travaillé en post production.  Je n’avais pas assez d’argent pour engager un monteur, j’ai dû donc faire moi-même le montage. Monter son propre travail peut être à la fois passionnant et difficile. D’un côté vous savez comment vos scènes doivent se dérouler et quelle ambiance vous devez créer, mais d’un autre côté c’est difficile de voir toute les possibilités à l’intérieur d’une scène ou à l’intérieur de l’entièreté de la structure du film.  J’y ai passé beaucoup de temps. J’ai tout monté à New York pendant que mon directeur photo, qui vit en Chine, retravaillait la couleur. Il m’envoyait les fichiers électroniquement.

La partie la plus difficile a été le travail du son. J’ai eu la chance de trouver quelqu’un qui venait de l’université de New York et qui a travaillé gratuitement. Il a mixé en 5.1. Je me suis amusé avec lui lors du mixage car nous avons testé beaucoup d’idées suivant différentes approches. 

 

Fantasticmovies : Pourquoi le personnage du monstre choisit-il un hotel de luxe pour sa transformation. Il a l’air d’être riche. Pourquoi prend-il le risque d’être reconnu?

 

Z.W.: Ce film a en fait été commandé par l'hôtel. On m’a demandé de faire un film sur lui tout en me laissant le champ libre.  J’ai eu l’idée de cette histoire d'hôtel dans lequel vous pouvez faire ce que vous voulez car il s'accommode de vos envies tout en restant discrait.  C’est le genre d’endroit que j’aimerais fréquenter.

Il y a en fait une histoire antérieure à celle du monstre. L’homme n’a pas toujours été un monstre. “Je n’ai pas toujours été comme ça”dit-il sous le lit. Il a passé sa lune de miel avec sa femme dans cet hôtel.  Mais celle-ci a été attaquée par une bête et en est morte alors que lui se blessa en essayant de la sauver. Il retourne dans cet hotel par souci de mémoire.  L’hotel est quant à lui coopérant et l’aide à garder cela discret.  A cause des contraintes de production et des choix de montage, j’ai décidé de couper les scènes qui traitent du passé du personnage.


Fantasticmovies : Parlez-nous du budget d’Honeymoon Suite.

 

Z.W. :Nous avions un très petit budget pour ce genre de film. Il était de 15 000 dollars. Nous avons été payés car c’était un projet commissionné. 

J’ai réduit mon salaire pour engager un maquilleur. J’ai dû parlementer pour obtenir des choses gratuitement.

 

Fantasticmovies:Avez-vous une anecdote à propos du tournage ? 

 

Z.W. : Nous avons tourné 4 jours dont deux durant 16 heures pour filmer la scène finale dans la chambre. Nous délirions donc un peu. Il y a  finalement dans les scenes un équilibre qualitatif entre le suspense et d-le rêve.

 

Fantasticmovies: Des projets futurs?

 

W.Z. :Je suis en train de développer deux longs métrages dont l’un est un revenge movie dramatique qui a lieu aux Etats-Unis avec des chinois. Les deux sont sympas et sombres. J’ai hâte de m’y mettre. 

 

Fantasticmovies:Un mot pour la fin?

 

W.Z. : Par chance notre film est distribué mondialement par Short International. Bientôt vous pourrez le trouver sur iTunes,Amazon,Hulu et d’autres platformes mais aussi le voir à la télé. J’espère pouvoir créer des œuvres fascinantes et imaginatives dans le futur. Merci d’avoir aimé le film.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

13/10/2013

L'HOMME QUI A TUE DIEU:CRITIQUE ET INTERVIEW DU REALISATEUR,NOE

 

 

 

 

 

L’Homme Qui A tue Dieu

 

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Résumé :Wem Tom, un jeune Indien d'Amazonie, réalise qu'il n'y a plus de gibier dans la forêt et décide de se mettre à la chasse à l'homme blanc...

 

Réalisateur: Noé

 

Scénaristes: Noé

 

Acteurs :Xidot Arowa, Tribu Wari, Noé

 

Pays :France/Brésil

 

 

Année : 2012

 

Durée: 18 min 23

 

Production: Autoproduit


 

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Critique :

 

Démarrant sur une course poursuite entre les arbres de la forêt amazonienne, L’Homme Qui A Tué Dieu est un concentré d’énergie, de violence et un hommages aux bandes gores des années 70 (sans les effusions de sang). Caméra à l’épaule et en noir et blanc, le métrage suit la tribu des indiens wari, menée par Wem Tom, qui a décidé de chasser l’Homme blanc, celui-ci étant accusé d’avoir détruit ses ressources .

Les scènes chocs (un bébé se fait manger tout de même), toujours pudiques, alimentent violemment ce survival aux messages écolo (la déforestation entraine un manque de gibier qui oblige les waris à tuer des hommes) et foncièrement altermondialiste( Wem Tom qualifie Dieu(en fait le mondialisme et l’uniformisation des cultures) de prédateur des prédateurs, son rêve est de le tuer).

Le découpage en flashbacks successifs est bien maitrisé, apportant à l’histoire tout son rythme et sa dramaturgie confrontant la forme fictionnelle (la course poursuite) à la réalité (le docufiction en noir et blanc) du moins jusqu’au final qui va bouleverser ses propres codes.

Réalisé par Noé (tout court)(en fait le gars a tout fait sur place), L’Homme Qui A Tué Dieu offre un dépaysement anxiogène féroce qui vaut le coup d’oeil averti du spectateur.

Bref, L’Homme Qui A Tué Dieu est un court métrage talentueux et bougrement efficace qui reste dans la mémoire longtemps après visionnage. En plus on peut le voir gratuitement ci dessous. Alors allez-y!


 

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Note : 17/20

 

 

 

Le court:


L'Homme qui a tué Dieu (O Homem que matou Deus) from Noé V on Vimeo.


 

 

 

 

 

 

 

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Blog du réalisateur

 

 

 

 

 

 

Interview du réalisateur et scénariste:Noé


Fantasticmovies:Pourriez-vous vous présenter en quelques mots aux lecteurs de fantasticmovies?

 

Noé: On va faire court... Noé, 29ans, réalisateur/scénariste.

Fantasticmovies: Quel est le dernier film que vous avez vu qui vous a le plus marqué?

N.: Springbreakers : le film en soit, je ne suis pas entré dedans a 100% mais la fin, elle, m’est restée gravée dans l’esprit pendant des semaines.

 

Fantasticmovies: Quelles sont vos influences en tant que cinéaste?

 

N.: Il y en a tellement : Jim Jarmusch, David Fincher, Jean Pierre Jeunet, Gattaca,  Terminator 2, The killer, la Cité de Dieu, La Haine, Fucking Amal…

 

Fantasticmovies: Que pensez-vous du cinéma de genre actuel en général et dans votre pays?

 

N.: En France je trouve le cinéma de genre de cette dernière décennie très pauvre, sans grande originalité. Mais ce n’est pas une fatalité, des mecs comme Jeunet, Kounen, Kassovitz, Boukhrief… ont prouvé qu’on pouvait faire des films de genre de qualité en France. Je pense que le souci vient plus des financiers et de ce qu’ils choisissent  de financer désormais… mais c’est un long débat.

Quant au cinéma de genre hollywoodien : de plus en plus pauvre (reboot du remake de la suite du prequel avec conversion en 3D…). Mais je pense que ça va changer en France comme aux US…il faut juste que ça pète. Et c’est aussi à nous en tant que réalisateurs de faire en sorte que ça pète.

 

Fantasticmovies:Comment est né le projet?

 

N.: En réalité j’ai tenter de tourner un long-métrage (de fiction) dans cette même tribu  en 2008 puis a nouveau en 2011, à chaque fois ça s’est soldé par un échec.Le projet à du être abandonné par manque d’argent, et ça a été très dur. Mais entretemps,  les indiens s’étaient attachés au projet. Ce n’était pas seulement un film sur eux . Ils en étaientt à la fois les acteurs, les techniciens,  les héros, etc. C’était devenu « le film des waris » (c’est le nom de ce peuple) et quand le projet est tombé à l’eau ça a été perçu comme un échec de la tribu, par les Waris qui sont déjà pas mal complexés face aux blancs. Donc un an plus tard je suis revenu pour aller jusqu’au bout d’un projet avec eux. Et c’est comme ça que ce court-métrage est né.

 

Fantasticmovies: L’Homme Qui A Tué Dieu est vraiment très beau à regarder et le travail du son est vraiment bien, était-ce  beaucoup de travail en post-production?

 

N.: Oui, et non. 

Oui c’était beaucoup de travail car j’ai tout fait tout seul en dehors de la musique (composée par Hadrien Federiconi). 

Et non car si on oublie le fait que j’étais tout seul, ça représentait peu de travail  au final.

 

 

Fantasticmovies: Parlez-nous des effets spéciaux.

 

N.: On me demande souvent si le crocodile dans la scène de bataille était un vrai. Donc oui c’était un vrai, et il était vivant, on lui a seulement amarré la bouche pour qu’il ne mange pas des bouts d’acteur principal durant la scène de combat entre ces deux-ci. Puis pour ce qui est du bébé qui est dévoré : c’était un singe cuit. Sinon il n’y a aucun effet de post-prod. 

 

 

Fantasticmovies: La forme du film et son sujet (une tribu indienne anthropophage)  rappellent les films gores, sans le côté sanglant des années 70 (Deodato et consort). Etes-vous un fan de ce genre?

 

N.: Non, ce ne sont pas du tout des sources d’inspirations. J’ai détesté Cannibal Holocaust par exemple, l’image des Indiens y était pire que désastreuse et ce n’était pas le pire défaut du film, qui était  en lui-même exactement ce qu’il cherchait à dénoncer.

 

Fantasticmovies: Avez-vous tout tourné dans la jungle amazonienne?

 

N.: Oui.

 

Fantasticmovies: Dieu est-il le prédateur des prédateurs ?

 

N.: Je suis agnostique…mais le film contrairement a son apparence n’est pas une attaque envers la religion, mais plus envers le comportement de l’homme blanc en général. Quand je fais allusion au « Dieu blanc » le dieu blanc serait plus le « mondialisme », l’uniformisation des cultures (et des religions) vers la seule culture occidentale, et tel serait le « prédateur de tous les prédateurs », en tout cas pour ce héros indien...

 

Fantasticmovies:Fut-il facile de trouver des acteurs et une équipe motivés pour le film?

 

N.: Non. Premièrement il faut savoir qu’il n’y avait pas réellement d’équipe. J’étais seul et j’ai formé quelques jeunes Indiens sur place pour m’aider…enfin j’en ai surtout formé un : Wao Xinto qui est devenu l’assistant-réalisateur/régisseur et sans qui je n’aurais pu faire le film. Puis pour les acteurs : on a créé un groupe de théâtre Wari et après quelques semaines les jeunes de ce groupe sont devenus les acteurs du film. En réalité l’histoire est un peu plus complexe, mais je résume. Depuis deux jeunes que j’ai formés ont continué a tourner seuls des documentaires dans plusieurs villages avec du matos que je leur avais donné.  Et le groupe de théâtre a fait plusieurs représentations en ville, dont une, devant plusieurs milliers de personnes.

 

Fantasticmovies: Avez-vous une anecdote à raconter à propos du tournage?

 

N.: Quand j’ai dit aux jeunes acteurs indiens qu’on allait faire un film dans lequel ils seront des tueurs qui massacres des blancs au fusil à pompe ;  ils étaient À FOND. Un peu trop d’ailleurs car durant la scène du massacre, l’un d’eux un peu trop dans son personnage, a commencé à s’enflammer et à crier dans sa langue « Bon maintenant enlevez moi tous leurs vêtements, on va tous les violer !!! ». Mais pourquoi il sort un truc pareil ?!? Parce qu’il y a 60 ans c’est exactement ce que faisaient les blancs en entrant dans les villages des Indiens qu’ils venaient massacrer. Il ne faut pas oublier que les parents et grands-parents de ces jeunes acteurs sont tous des survivants du génocide.

 

Fantasticmovies:Parlez-nous du budget de L’Homme Qui A Tué Dieu. 

N.: Si on ne compte que le tournage on arrive à un budget de 500€. Après il faut ajouter le prix du billet d’avion, le cout du matériel vidéo offert aux indiens, le cout de la post-prod et des musiques, puis le cout de l’envoi du film en festival.On arrive dans les 4500€. Mais c’est des chiffres approximatifs, le film a été autoproduit (avec un appel a dons dans le cercle famille/amis) et j’ai eu du mal a tenir des comptes précis.

 

Fantasticmovies:  Des projets futurs ?

N.: Des tonnes de projets…mais la question c’est toujours : «Comment trouver une boite de prod qui s’intéresse a ce que je fais ?» «Comment trouver les moyens de financer ne serait-ce qu’un seul de ces projets ?» 

Parmi différents projets, j’essaye d’en développer un,  sur  un Super héros qui vient des favélas de Rio Janeiro ; Une sorte de Robin Hood Brésilien qui ne s’attaque qu’aux riches et aux puissants…

 

Fantasticmovies: Un mot pour la fin?

N.: Oui, une petite clarification :  

Au Brésil où le film a été vraiment très bien accueilli, plusieurs personnes et critiques de cinéma on fait des comparaisons  entre mon court-métrage et le « Django Unchained » de Tarantino. J’apprécie le compliment cependant je tiens juste à préciser que ce n’était pas une de mes sources d’inspiration et que d’ailleurs, la toute première projection de mon film s’est faite six mois avant la sortie de Django. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

15:31 Publié dans Courts Métrages, Interview | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | | Pin it! | Killg